Démantèlement d’un réseau de trafic de bébés à Casablanca

Les éléments de la brigade des mœurs du district de Casablanca-Anfa ont procédé, samedi dernier, à six arrestations dans le cadre du démantèlement d’un réseau de trafiquants de nourrissons qui vient de voir le jour, apprend-on de sources policières. Selon les mêmes sources, le réseau était «bien organisé et bien structuré au point qu’il est arrivé à sévir durant cinq années sans être mis hors d’état de nuire». Durant ces cinq dernières années, ajoutent les mêmes sources policières, le réseau est arrivé à vendre plus d’une trentaine de bébés à des couples marocains qui rêvent d’avoir des enfants. Les prix variaient, selon les mêmes sources, entre vingt et cinquante mille dirhams.
L’affaire remonte au début de la semaine dernière quand les services de la police judiciaire du district Casablanca-Anfa ont été informés qu’une ex-sage-femme à l’hôpital Moulay Youssef à Casablanca vend les nourrissons des mères célibataires. La brigade des mœurs, qui a pris l’affaire en main, a chargé une policière pour jouer le rôle de l’appât. À la sage-femme, âgée de cinquante-cinq ans, la policière s’est présentée comme une femme stérile, issue d’une famille aisée, qui désire adopter un bébé. Après marchandage, la cliente a accepté de payer vingt mille dirhams à la sage-femme. La policière qui a joué le jeu pour tirer l’affaire au clair a patienté quelques jours avant qu’une mère-célibataire n’accouche. La policière est arrivée enfin à avoir un nouveau-né de dix jours. Elle est également arrivée à obtenir un certificat médical attestant qu’elle est la mère biologique du bébé. Ce qui lui a permis d’avoir facilement un livret d’état civil attestant que le nourrisson était la fille biologique de la policière et de son mari. Quand toutes les preuves étaient entre les mains des enquêteurs de la brigade des mœurs, ils ont décidé, samedi dernier, de passer à son arrestation chez elle au quartier Bourgogne. Une mère célibataire, encore enceinte, attendait son accouchement a été également arrêtée chez la sage-femme. Plusieurs objets médicaux utilisés pour l’accouchement des mères célibataires ont été saisis chez elle. Soumise aux interrogatoires, la sage-femme, mère de famille, a avoué avoir été licenciée, il y a plus de cinq ans, de la maternité de l’hôpital Moulay Youssef. Depuis, elle a commencé à chercher des femmes célibataires, mais enceintes, qui désirent se débarrasser de leurs nouveau-nés. Elle se chargeait d’elles jusqu’au moment où elles mettent leurs nouveau-nés au monde, empochent quelques dirhams et disparaissent. Elle les vendait à des couples qui paient entre 20 et 50 mille dirhams. La sage-femme en cause a également dévoilé l’identité d’une infirmière qui exerce dans une clinique privée. Celle-ci se chargeait de lui chercher les nouveau-nés abandonnés par leurs mères célibataires contre une commission. Elle a également divulgué les identités d’un officier de l’état civil et un agent d’autorité, tous les deux exerçant dans l’arrondissement 58 à Ben Msik et un élément des forces auxiliaires de l’arrondissement de Sidi Othmane. Ceux-ci se chargeaient de falsifier les documents pour que les parents adoptifs puissent avoir un livret d’état civil pour l’enfant.

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