États-Unis : une femme, déficiente mentale, va être exécutée

Aux États-Unis où 60 condamnées patientent dans le couloir de la mort contre 3.200 condamnés, l’exécution d’une femme est un fait rare. Seules 11 femmes ont été mises à mort depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, pour 1.215 hommes. Signe de la singularité du phénomène, Teresa Lewis est enfermée depuis sa condamnation à mort en 2003 dans une unité séparée de la prison haute sécurité pour femmes de Virginie, qui ne possède pas de couloir de la mort féminin, a précisé à l’AFP son avocat, James Rocap. Elle a avoué avoir laissé ouvert en octobre 2002 la porte de la caravane où elle vivait en famille pour que deux complices, respectivement âgés de 19 et 22 ans, y pénètrent et tuent par balle son mari et le fils de celui-ci, un militaire âgé de 25 ans. L’objectif était d’empocher les assurances-vie des deux hommes. Teresa Lewis avait rencontré ses complices au supermarché, l’un d’entre eux était devenu son amant et elle avait encouragé sa fille de 16 ans à entamer une relation avec le plus jeune. Tous trois ont plaidé coupables du double meurtre. Les deux auteurs ont été condamnés à la prison à vie mais Teresa Lewis – qui avait renoncé à un procès en bonne et due forme – a été considérée par le juge en charge de sa condamnation comme l’instigatrice des meurtres, «la tête du serpent», avait-il estimé, et envoyée à la mort. Mais les soutiens de cette mère de famille et grand-mère n’ont eu de cesse depuis de rappeler qu’avec un QI de 72, elle se situait à la frange de la maladie mentale, la rendant incapable de concevoir un tel plan.
Son amant, en revanche, qui voulait devenir tueur à gage, était doué d’une intelligence au dessus de la moyenne et a avoué dans une lettre adressée en 2003 à une amie avoir pensé les meurtres. Elle était «exactement ce que je recherchais, une salope qui s’était mariée pour l’argent à qui j’allais faire facilement tourner la tête», avait-il écrit. L’homme s’est depuis suicidé en prison. «La question n’est pas que Teresa Lewis est une femme et qu’elle devrait être traitée différemment, mais il serait extrêmement injuste que celle qui parmi les trois est la moins dangereuse pour la société, qui n’est pas davantage coupable que les autres et dont l’état mental appelle à la clémence, soit la seule à mourir pour ce crime», explique à l’AFP Richard Dieter, directeur du Centre d’information sur la peine de mort.

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