Il tue son ami pour avoir balafré son visage

Il tue son ami pour avoir balafré son visage

Abdellah se tient au box des accusés à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Il attend la sentence qui sera prononcée contre lui. Les premiers indices de son dossier remontent à quelques mois, dans le quartier Sidi Othmane. Ce jour-là, une rixe violente a opposé Abdellah à Mohamed, deux voisins, dans un café du coin, à cause d’une altercation banale suscitée par un échange de propos injurieux. Mohamed, âgé de trente ans, a facilement le dessus sur son adversaire mineur, et a fini par lui infliger une blessure grave au visage à l’aide d’un objet tranchant. Abdellah s’est retrouvé avec une difformité faciale qui l’a traumatisé, lui qui se croyait le plus beau garçon du quartier et le plus séducteur des filles. Au fil des jours, ce mineur défiguré semblait accepter son sort tant bien que mal. Alors qu’en réalité, il gardait une rancune et un sentiment de vengeance farouche. Une année est passée depuis le tragique accrochage sans que Abdellah ait manifesté le moindre signe d’animosité à l’égard de son agresseur. Cependant, il a décidé d’entamer une requête judiciaire avec un certificat médical à l’appui, pour se faire dédommager de son infirmité, apparemment irréparable. Seulement, il y a renoncé ensuite sans que personne ne sache la raison. D’ailleurs, les voisins des protagonistes devaient bien remarquer l’apaisement de la tension entre les deux ennemis, qui étaient, il y a plus d’une année des amis. Abdellah et Mohamed paraissaient avoir renoncé à toute agressivité. Ce n’était qu’un leurre. La preuve? Le mineur, au visage défiguré, souffre. Abdellah a toujours les séquelles de sa difformité. Il semble qu’il ne pardonnera jamais son bourreau de lui avoir marqué le visage. Et, au mois de mars, Abdellah va se résoudre une bonne fois pour toutes et finir avec le responsable de ses malheurs. Comment ? Vers 22 h de ce jour de ce mois de mars, dans une ruelle du quartier Sidi Othman, Mohamed est sorti de chez lui après l’appel à la prière pour faire des emplettes et voir quelques amis comme à l’accoutumée. Or, il ne savait pas qu’il avait rendez-vous avec la mort. Abdellah le guettait depuis longtemps en vue de lui régler son compte et assouvir enfin sa vengeance, assez longtemps reportée. Pris au dépourvu dans un coin plus sombre, le mineur encore blessé lui a asséné un coup de couteau. Seulement, il a raté sa cible. Dans l’effervescence de la bagarre, Mohamed a lutté comme un fou afin d’attaquer Abdellah qui a reculé de quelques dizaines de centimètres. Mohamed a tenté de le rattraper. En vain. Toutefois, malgré les efforts qu’il a déployés, Abdellah est parvenu à lui donner un deuxième coup fatal au ventre qui l’a fait tombé par terre. La mort a fini par l’emporter dans ce guet-apens, préparé de longue date. Les badauds s’attroupaient autour de Mohamed qui demandait secours. Quelques minutes plus tard, l’ambulance est arrivée. Il a été transporté à destination de l’hôpital de Sidi Othmane. Malheureusement, il a rendu l’âme à mi-chemin. Le corps a été évacué aussitôt à la morgue pour être autopsié. Devant la Cour, à la chambre criminelle, Abdellah a tenté de se défendre en expliquant n’avoir jamais eu l’intention de tuer son ami. Une défense qui semble ne pas avoir d’appui. Pour cette raison, la Cour l’a jugé coupable pour homicide volontaire avec préméditation et guet-apens et l’a condamné à dix ans de réclusion criminelle.

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