Il tue son ami pour une fille de joie

Il tue son ami pour une fille de joie

Perturbé, Rachid est rentré rapidement, ce matin du mois de novembre, au commissariat de police à Tétouan. Devant le bureau de la brigade criminelle, il balbutiait : « Ils l’ont tué, ils l’ont tué ».
Suant à grosses perles, il est tellement essoufflé qu’il a du mal à reprendre sa respiration. Le chef de la brigade lui demande de s’asseoir et de se calmer. Il s’est effondré en larmes. "Qui a tué qui?", demande le chef de la brigade. Rachid n’a pas tous les éléments du crime.
Il leur a raconté que son frère se soûlait, la veille, en compagnie d’un jeune homme et une jeune femme au quartier Khandak Zarbouh. Mais qui est ce couple qui était en compagnie de son frère ? La jeune femme est-elle sa maîtresse ? Le jeune homme est-il son meurtrier? Si oui, pourquoi l’a-t-il tué et par quel moyen?  Pour avoir des réponses à ces interrogations, les éléments de la brigade judiciaire ont accompagné Rachid au quartier pour faire leur enquête en effectuant le premier constat d’usage et recueillir des témoignages de voisinages. Sur les lieux, ils ont remarqué le cadavre d’un jeune homme, gisant dans une mare de sang, le dos au sol. Les vêtements de sport qu’il portait sont plus ou moins mouillés puisqu’il avait plu la nuit. A côté du cadavre, les enquêteurs ont mis la main sur quelques bouteilles de vin rouge et un petit couteau. Est-ce l’arme blanche avec laquelle la victime a été tuée ? Les enquêteurs tentent au départ d’identifier l’auteur de crime.
Dans ce dessein, ils se sont adressés à quelques voisins du quartier qui ont assisté à la rixe qui a eu lieu entre la victime et son protagoniste. Et ils sont arrivés à identifier l’auteur du crime. Il s’agit de Choukri, un repris de justice. Aussitôt, les enquêteurs se sont lancés à sa recherche.
Les efforts qu’ils avaient déployés porteront leurs fruits. Quelques heures plus tard, ils ont appréhendé l’accusé. En effet, Choukri a été arrêté et a été conduit au commissariat pour complément d’enquête.
Soumis aux interrogatoires, le mis en cause a craché le morceau. Il a affirmé avoir rejoint la victime en compagnie de sa maîtresse, Al Khamssia, à bord de sa voiture. En stationnant dans un coin du quartier, ils ont commencé tous les trois à s’enivrer.
D’un verre à l’autre, la victime a commencé à perdre la raison au point qu’il a commencé à faire des avances à Al Khamssia. Son ami, Choukri, lui a demandé de la laisser tranquille. Mais en vain. La victime ne pensait qu’à satisfaire son désir en couchant avec la maîtresse de Choukri.
Perdant le contrôle de soi, ce dernier a poussé la victime qui a commencé à s’approcher de la jeune femme. La victime lui a proposé une somme d’argent pour la laisser passer quelques moments entre ses bras. Mais Choukri était catégorique dans sa réponse : « Al Khamssia est à moi seul ». Cette phrase n’a pas plu à la victime qui a brandi un couteau pour menacer Choukri.
Cependant, ce dernier n’a pas hésité à faire sortir, également, un couteau. Sans attendre qu’il soit menacé une seconde fois par la victime, Choukri a asséné deux coups mortels à son ami avant de prendre la fuite en compagnie de sa maîtresse. Qui est cette femme ? Sur indication de Choukri, les policiers l’ont arrêtée, le même jour dans une baraque située à Darsa. Prostituée de son état, elle a affirmé avoir eu une relation amoureuse depuis belle lurette avec Choukri. Ce dernier et sa maîtresse ont été traduits devant la justice de Tétouan pour homicide volontaire avec guet-apens et préméditation, non dénonciation d’un crime, non assistance à personne en danger, débauche et ivresse.

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