Il vole 80 000 DH dans la station-service où il travaille

Nous sommes le vendredi 22 août, il est 5 h10 du matin. Dans un bureau au commissariat de police de la sûreté de Hay Mohammadi-Aïn Sebaâ à Casablanca, les éléments de la brigade judiciaire qui assurent  la permanence sont prêts à toute intervention policière. «Police, police…», appelle un jeune homme qui vient de se planter sur le  seuil du bureau. Les éléments de la brigade le dévisagent au moment où l’un d’eux lui demande de rentrer. Avec ses yeux hagards et la sueur qui coule de son front, le jeune homme semble être perturbé. Le chef de la brigade lui demande alors de s’asseoir le temps  qu’il reprenne son souffle. «Ils ont pris l’argent et ont mis le feu à la station-service…», répète le jeune homme sans révéler de détails. Le chef de la brigade lui demande de se calmer afin qu’il lui raconte son histoire. Le jeune homme est pompiste à la station-service située au boulevard Okba Bnou Nafiî. «J’étais à la station-service quand deux personnes qui étaient à bord d’un scooter sont arrivées… », déclare le jeune homme aux policiers. Dans sa plainte, le pompiste a affirmé que les deux personnes avaient arrêté leur scooter juste à l’entrée du bureau où il passait le plus clair du temps lorsqu’il  n’y avait pas de client. Quand il s’est apprêté à y sortir, chacun des deux jeunes hommes a brandi un couteau en le menaçant de mort. Pourquoi ? Ils voulaient de l’argent. « Ils m’ont menacé de mort pour m’obliger à leur remettre la recette… », balbutie-t-il comme si le sentiment de crainte l’envahissait encore au bureau de la police. Le pompiste n’a pas manqué de  préciser devant les enquêteurs qu’il n’avait eu d’autre choix que de céder à leur exigence  afin de ne pas mourir. «Je leur ai remis toute la recette, soit près de quatre-vingt mille dirhams, ainsi que quelques chèques et bons… ». Et d’ajouter que «avant de partir avec l’argent, les deux ravisseurs ont mis le feu au bureau». Rapidement, les enquêteurs se sont dépêchés sur les lieux et ont effectué un constat d’usage. Après, ils ont entamé des investigations minutieuses pour arriver à tirer l’affaire au clair. Y’avait-il des témoins ? Oui. Mais, un seul, à savoir le veilleur de nuit qui est chargé du gardiennage de la station-service. «Je n’ai entendu que les cris de secours du pompiste, mais je n’ai remarqué aucune personne qui était sur les lieux», atteste le veilleur de nuit. Une déclaration qui a mis la puce à l’oreille des enquêteurs. Les éléments de la brigade sont retournés au commissariat en compagnie du pompiste. Au fil des interrogations, ce dernier a fini par lâcher le morceau : «C’est moi l’auteur de l’incendie avec la complicité de mon frère». Les deux hommes ont été traduits, dernièrement, devant la Cour d’appel de Casablanca.

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