Ils utilisent des jeunes filles pour agresser leurs victimes

Ils utilisent des jeunes filles pour agresser leurs victimes

Nous sommes dans un quartier de la ville de Fès. Il était 21h passées. Ahmed était sur le chemin du retour à la maison. De coutume, il sort à 18 h 30 de son emploi pour rejoindre ses amis dans un café de la ville, pour converser et passer un moment agréable en leur compagnie. Ce soir-là, Ahmed était tout seul. À cette heure, cette route est plus ou moins déserte.
Depuis plus d’une dizaine d’années, Ahmed empruntait cette route sans renontrer le moindre problème. Ce célibataire de vingt-huit ans n’a jamais pensé être un jour victime des voyous.
Soudain, il remarque de loin la silhouette d’une personne qui marchait lentement. Il n’a pas pu distinguer s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, d’un garçon ou d’une adolescente. Comme dit l’adage, la nuit, tous les chats sont gris.
Il a fixé ses regards sur cette silhouette tout en s’approchant d’elle. Et pourtant, à une dizaine de mètres, il n’est pas encore arrivé à la distinguer. Certes, il a voulu savoir s’il s’agit d’un employé, comme lui, qui retourne chez lui à cette heure ou d’un malfrat. Dans ce cas, il doit être en éveil pour ne pas être surpris par quoi que ce soit.  En fait, il s’agit d’une femme. Une femme dans un coin désert ? Étrange ! Et ce qui est plus étrange est le fait qu’elle se promène toute seule sans se soucier de ce qui pourrait lui arriver à cette heure tardive. Il s’approcha de la jeune femme, à la fleur de l’âge et au corps gracile.
La jeune fille n’est ni très belle, ni arrogante. Elle est naturelle et a un déhanché irréprochable. Ahmed lui a lancé un sourire quand ses regards ont croisé les siens. Elle n’a pas bougé de sa place comme si elle l’encourageait à converser avec elle. Effectivement, il lui a adressé la parole. Elle l’a regardé de bas en haut. «Je ne te plaît pas ou quoi ?», lui a-t-il demandé en gardant son sourire. Elle ne lui a pas répondu. Elle s’est contentée de le fixer de ses yeux lumineux. Ahmed est tombé dans ses filets. Il a oublié qu’il doit rentrer chez lui sans tarder. Car sa mère l’attend. Il regarde sa montre, il est 21h 30. Il lui reste encore une heure. «On marche ensemble ?», a-t-il demandé à la jeune fille qui mâchait du chewing-gum. Où?, lui a-t-elle demandé. Ahmed n’avait pas cru ses oreilles. Il ne savait pas qu’elle était une fille facile. D’un mot à l’autre, il a su qu’il a affaire à une fille de joie qui cherchait un client. Mais qu’est-ce qui l’a poussée à choisir ce lieu désert ? Étrange! Ahmed ne sait quoi faire, parce qu’il ne disposait pas d’un local où il peut passer quelque moment avec elle. «Bon, je vais me débrouiller…le prix est de cent dirhams la passe…», lui a-t-elle lancé avec un sourire aux lèvres. Quand Ahmed a tenté de marchander avec elle, elle l’a sollicité de la suivre sans dire mot. Ahmed n’a pas l’intention de rater cette occasion. Très heureux, il a suivi la jeune fille qui marchait devant lui comme si elle connaissait bien les lieux. Elle s’est arrêtée à une centaine de mètres plus loin, sur un terrain vague. Elle lui a ordonné de déboutonner son pantalon avant de se tourner vers un mur. Quand elle s’est apprêtée à soulever sa jupe, quatre jeunes hommes, armés de couteaux, ont surgi et ont menacé Ahmed.
La jeune fille s’est retournée vers lui en lui lançant d’un air moqueur: «Tu voulais me (…) les voilà qui vont te (…) si tu t’abstiens à leur remettre tout ce qui tu portes sur toi, ils vont te tuer…». Perturbé, Ahmed les a suppliés de ne pas lui faire de mal. Les quatre voyous lui ont fouillé les poches. Ils ont mis la main sur une somme de plus de cinq cents dirhams et se sont emparés de son téléphone portable. Ils lui ont aussi retiré la veste qu’il portait.
Et ils l’ont libéré enfin après lui avoir donné des coups de pied. Le lendemain, Ahmed s’est adressé à la police pour porter plainte. Une enquête a été diligentée et a donné ses fruits.  Les quatre jeunes hommes et la fille ont été arrêtés ainsi qu’une seconde fille qu’ils utilisaient comme sorte d’appât pour piéger leurs victimes dans une chambre qu’ils ont louée au quartier Hajjaj. Ils ont avoué avoir mis sept victimes dans leurs filets avant d’être mis hors d’état de nuire.

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