Jugés coupables pour avoir pris des photos de femmes nues dans un hammam

Nous sommes à Bouizakarne, à quarante kilomètres de Bab Sahara, à Guelmim. Cette jeune fille qui poursuit ses études dans un lycée de la ville ne savait pas, ce jour du mois d’avril, pour quelle raison ces trois jeunes hommes, deux serveurs dans un café de la ville et un tailleur se collaient à elle comme son ombre. À chaque fois, l’un d’eux s’approchait d’elle sans lui dire un mot. Seulement, en dernier lieu, l’un d’eux a osé lui demander de les accompagner. Où ? Chez eux. Pourquoi faire ? Pour partager avec eux le même lit. Elle n’a pas cru ses oreilles. Coucher avec eux, tous les trois ? Cela a dépassé son imagination. Hors d’elle, elle les a insultés. Seulement, l’une de ses camarades du lycée lui a demandé de garder son calme, de ne pas réagir et de retenir ses nerfs.
Pourquoi ? Parce qu’elle pourrait payer cher sa révolte contre les trois jeunes hommes. La jeune lycéenne n’a rien compris aux comportements de sa camarade. Elle s’est interrogée sur ce comportement passif. Et elle avait la réponse : «Peut-être qu’ils t’avaient filmée quelque part alors que tu étais nue ou dans un autre état plus grave». La jeune lycéenne n’a pas pris l’hypothèse de sa camarade au sérieux. Elle s’est moquée d’elle. Mais, pour l’assurer qu’elle parlait sérieusement, la camarade lui a affirmé que les trois voyous l’avaient menacée de mettre ses photos qui la montraient toute nue au bain maure sur le site Youtube si elle ne les accompagne pas chez eux. Elle était obligée de leur céder. Chez eux, ils ont couché avec elle tous les trois tout en la forçant à faire des positions pornographiques. Perturbée, la jeune lycéenne est restée bouche bée. Surtout qu’elle se lavait au bain maure comme sa camarade. A-t-elle été filmée également comme sa camarade ? Oui. Les trois jeunes lui ont montré des photos qui la montraient, elle aussi, toute nue au hammam de la ville. La jeune lycéenne n’a pas cédé aux menaces des trois voyous. Et elle n’est pas restée les bras croisés. Elle s’est adressée rapidement à la police de la ville pour déposer plainte. Une enquête policière a été diligentée. Les trois jeunes hommes ont été mis hors d’état nuire et ont été soumis aux interrogatoires. Le tailleur a affirmé avoir acheté un appareil sous forme de stylo chez un marchand d’appareils électroniques contre une somme de deux cents dirhams. Son ami, l’un des deux serveurs, en a acheté un deuxième. Le cerveau du trio, à savoir le tailleur, a demandé à l’une des femmes qui se charge du gommage au hammam, «la Kassala», de lui photographier, par le stylo, les femmes qui sont venues se laver. La «Kassala» a accepté l’offre contre une petite somme d’argent. Et elle a commencé à photographier sans attirer l’attention de personne. Quand le tailleur et ses deux acolytes, les serveurs, recevaient le stylo et imprimaient les photos, ils commençaient à menacer les femmes de les publier dans la toile informatique si elles refusaient de leur céder. La majorité des femmes semblent leur avoir cédé au lieu de leur faire un scandale. Les enquêteurs ont arrêté sept mis en cause impliqués dans cette affaire qui a secoué les habitants de cette petite ville, dont le tailleur, les deux serveurs, le marchand d’appareils électroniques, la femme chargée du gommage au bain maure, un sixième mis en cause qui mettait sa demeure au service du tailleur et ses deux complices et un septième mis en cause. Ils ont tous été mis entre les mains de la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Bouizakarne qui a rendu, récemment, son verdict en condamnant le tailleur et l’un des deux serveurs à cinq ans de prison ferme, le second serveur et la femme chargée du gommage ont écopé de trois ans de prison ferme et les trois autres mis en cause ont été condamnés à deux ans de prison ferme.

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