Justice : Le «Samaoui» fait toujours des victimes

Justice : Le «Samaoui» fait toujours des victimes

Le jeune homme n’est plus à sa place, près d’elle. Il s’est vaporisé. Son collier en or qu’elle mettait à son cou, son smartphone et une somme de cinq cent dirhams ont disparu.

Hakima, trente-et-un ans, n’a jamais rendu visite à un quelconque charlatan. Elle ne croyait pas à ces «sornettes» disait-elle. Mais, pour des raisons qui lui sont propres, elle va se retrouver en plein dedans.

Nous sommes à Casablanca. Hakima vient de sortir de chez elle, au quartier Aïn Sebaâ, quand un quadragénaire la croise. Dégoulinant de gentillesse, il s’approche d’elle pour lui décliner un bout de papier sur lequel figure une adresse. Dès qu’elle tente de lui indiquer le lieu, un second homme surgit devant eux en balbutiant quelques mots incompréhensibles. Hakima reste bouche bée sans dire un mot et sans même se demander où le premier homme avait disparu. Restant seule avec le second homme, elle commence à l’écouter jusqu’à un moment où elle n’entend plus rien. Comme si elle était sous l’effet de l’hypnotisme. Tout un temps mort. Et tout à coup, elle ressent comme si quelqu’un la giflait pour se réveiller d’un profond sommeil. Le jeune homme n’est plus à sa place, près d’elle. Il s’est vaporisé. Son collier en or qu’elle mettait à son cou, son smartphone et une somme de cinq cent dirhams ont disparu. Elle s’adresse à la police pour porter plainte. Et elle découvre qu’elle n’était pas la seule victime de ces charlatans qui utilisent le «Samaoui», une sorte de tricherie diabolique, pour les déplumer. Il y en a plusieurs. L’enquête policière commence. Pas moins de quarante-huit heures plus tard, les deux escrocs sont mis hors d’état de nuire. Tous les deux avouent être des escrocs qui filoutent leurs victimes par hypnose. Leurs victimes, selon leurs déclarations, sont issues de plusieurs villes.

Devant la chambre criminelle près le tribunal de première instance, les deux escrocs nient les charges retenues contre eux. Mais le tribunal les a jugés coupables d’escroquerie et les a condamnés à deux ans de prison ferme.

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