Menacé de viol, il saute dans le vide

Menacé de viol, il saute dans le vide

Moussa s’est levé tôt, ce matin du mardi 20 février 2007. Contrairement à ses habitudes, ce père de cinq enfants ne se rendît pas à son travail. La raison : il doit consacrer sa journée à son fils aîné, Zouhaïr, âgé de treize ans. Non seulement la loi l’oblige d’être à ses côtés lors de sa convocation par le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat, mais son fils ne peut marcher sans son aide vu qu’il a  trois fractures au niveau de la jambe et du pied droits.
Moussa et son fils quittent leur maison sise au quartier Al Wahda, à Takaddoum (Rabat), montent dans un petit taxi et arrivent à l’heure devant le tribunal du boulevard Madagascar. Ils en franchissent la porte et se dirigent vers le bureau du substitut du procureur du Roi qui les avaient convoqués. Quand ils y arrivent, le regard de l’enfant croise celui d’un homme qui était en train d’attendre son tour. Soudain, il devient livide et se met à trembler. L’homme en question est celui qu’il a dénoncé à la police comme étant celui qui a tenté de le violer. La peur le terrasse à telle enseigne qu’il a supplié son père de le laisser retourner à la maison. Celui-ci l’a empêché de faire en usant de nombreux stratagèmes et de beaucoup de sang-froid. Vers 11 h, le substitut les fait entrer dans son bureau pour leur demander de se présenter avec diligence devant le parquet général de la Cour d’appel à Salé. Autrement dit, leur affaire est une affaire criminelle et non un délit de droit commun. Flash-back.
Nous sommes le samedi 10 février. Zouhaïr est adossé à quelques caisses de fruits qui appartiennent à un marchand du quartier chez qui il travaille. Soudain, un autre marchand l’appelle. Zouhaïr demande la permission, se lève et se dirige vers l’épicier qui lui a demandé d’aider un client à porter jusqu’à chez-lui deux bonbonnes de gaz qu’il vient d’acheter. Il lui a également promis que le quadragénaire en question allait lui donner 10 DH. Zouhaïr hoche sa tête en signe de consentement, saisit les deux bonbonnes de gaz et suit l’homme. Deux cents mètres plus loin, ce dernier pousse la porte d’un immeuble et demande à Zouhaïr de monter les marches. Une fois arrivé au deuxième étage, l’homme ouvre la porte d’un appartement et  ordonne à l’enfant d’entrer, ce qu’il ne fit pas. L’homme le saisit alors violemment et tente de le pousser vers l’intérieur de l’appartement.
Zouhaïr lui échappe et monte les marches quatre à quatre. «La porte de la terrasse est fermée, tu ne peux aller nulle part», crie l’homme en se lançant à sa poursuite. Au quatrième étage, Zouhair, persuadé que son poursuivant voulait le violer saute par une fenêtre ouverte donnant sur la rue. Résultat : trois fractures au niveau de sa jambe et son pied droits. A ce moment, l’homme en question sort de l’immeuble et disparaît alors que l’enfant a été évacué vers l’hôpital des enfants de Souissi pour y subir les soins nécessaires. Alertés, les éléments du 9ème arrondissement de police ont diligenté une enquête qui leur a permis d’arrêter  l’homme en question, un fonctionnaire qui occupe, de temps à autre, cet appartement qui appartient à son frère et qui a nié avoir tenté de violer Zouhaïr.
Ce 20 février vers 16 h, le parquet général près la Cour d’appel a remis Zouheir, son père et le suspect entre les mains du substitut du procureur du Roi près le tribunal de première instance de Rabat, lequel leur a demandé d’attendre d’être convoqués pour se présenter devant lui. Dans l’attente, Zouhaïr, soutenu par l’association «Touche pas à mes enfants», continue à demander justice.

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