Pour des comprimés d’ecstasy, un malentendu finit dans le sang

Pour des comprimés d’ecstasy, un malentendu finit dans le sang

Nous sommes au quartier Al Qods, à Sidi El Bernoussi, à Casablanca. Samir n’a pas donné signe de vie depuis la veille, jeudi 7 janvier, quand il est sorti de chez ses parents. En fait, ce célibataire âgé de quarante-deux ans, est un Marocain résidant en Italie qui est venu passer quelques semaines en compagnie de sa famille. Où était-il ? Parfois, il passait la nuit dans l’appartement de sa sœur, une Marocaine résidente aux Etats-Unis, situé au quartier Al Qods. Sur demande de la mère, son frère s’y est rendu. Il a ouvert la porte.
«Samir…Samir», a-t-il appelé son frère qui ne répondait pas. Samir n’y a pas passé la nuit ? Quand cette interrogation a préoccupé le frère, celui-ci a posé le pied sur le seuil de l’une des chambres. Et c’était la surprise qui a dépassé son imagination. Samir n’était que corps sans âme, gisant dans une mare de sang, les mains ligotées derrière son dos. Qui l’a tué ? Et pourquoi ? Rapidement, le frère a alerté les éléments de l’arrondissement de police d’Anassi, qui se sont dépêchés sur les lieux, après avoir informé le procureur du Roi et le chef de la sûreté de Sidi Bernoussi. Les investigations effectuées par les limiers de Sidi Bernoussi ont révélé que Samir n’était pas seul dans l’appartement de sa sœur. Il était en compagnie de quelques amis. Qui sont-ils ? En les identifiant, les enquêteurs sont arrivés à les interroger sauf A.A, qui semble avoir quitté Casablanca. Ils ont affirmé qu’ils s’enivraient ensemble. Tardivement, ils sont partis pour ne laisser que Samir et A.A, un jeune de vingt-six ans. Est-il le meurtrier ? Peut-être. Les enquêteurs ont mené une surveillance dans son quartier et autour de chez lui. Mais, en vain. Ils ont fait appel à sa maîtresse. Celle-ci leur a affirmé : «Je crois qu’il est allé au douar Laâssassra, dans la région d’Azzemour où son oncle demeure et où il dispose également d’un domicile». Les limiers de la sûreté de Sidi Bernoussi se sont rendus au douar Laâssassra. Ils ne l’ont pas trouvé chez lui. Ils n’ont découvert qu’un pantalon maculé de sang, trois couteaux et une épée de plus d’un mètre de long. Ils les ont saisis avant d’aller rejoindre son oncle. De celui-ci, ils ont appris que A.A avait passé la nuit chez lui avant de partir tôt le matin. Tout d’un coup, l’oncle a reçu un appel de téléphone de son neveu, A.A. Il l’a informé qu’il avait tué un ami et qu’il avait l’intention de se présenter de son plein gré à la police à Casablanca. Alors qu’ils rebroussaient chemin, ils ont été informés, par téléphone, que le mis en cause s’est présenté de son plein gré aux limiers de la sûreté de Hay Hassani-Aïn Chok, à Casablanca et qu’il a avoué son crime. Pour quel mobile l’a-t-il tué ? Lorsque leurs amis sont partis, A.A est resté seul en compagnie de Samir. Ils étaient tous les deux en état d’ivresse. Ils conversaient quand Samir a fait sortir de sa poche cinq comprimés d’ecstasy. A.A lui a demandé de les partager avec lui, Samir a refusé. Un malentendu qui va céder la place aux injures, puis aux coups de mains et de pieds. À un moment donné, A.A est arrivé à mettre la main sur les comprimés d’ecstasy et il lui a également subtilisé son argent avant de s’apprêter à s’enfuir. Seulement, les cris de Samir ont poussé A.A à rester chez Samir et lui a cogné la tête contre le mur de la chambre. Il ne l’a relâché qu’une fois le sang a coulé de sa tête. Vendredi dernier, A.A a été conduit à l’appartement, scène du crime, pour la reconstitution du crime avant d’être traduit devant la Cour d’appel de Casablanca.

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