Pour sauver son honneur, il choisit le crime

Le crime n’est jamais un choix. C’est ce que déclare Saïd devant la Chambre criminelle, premier degré, près la Cour d’appel de Khouribga. «Je n’ai jamais eu l’intention de devenir meurtrier, M. le président…», a-t-il balbutié, les larmes aux yeux. Son père, sa mère et ses huit sœurs et frères, émus, ne pouvaient retenir leurs larmes. Ce drame, aucun membre de cette famille ne s’y attendait. Pourquoi Saïd a-t-il commis un meurtre ?  Né en 1977 à Khouribga, Saïd arrête sa scolarité au lycée. Sa passion pour le sport, le full-contact et la lutte, lui prend tout son temps au point de laisser tomber son envie d’étudier. Son rêve : devenir un grand sportif reconnu. Adhérent d’un club de sa ville, il participe à plusieurs compétitions. Mais, une fois de plus, il finit par abandonner les salles de sport pour se livrer à la délinquance. Ce qui lui coûte, à son 15e printemps, une première condamnation de trois mois de prison ferme pour avoir incité une fille mineure à passer quelques moments avec lui sur le même lit sous la menace. Il sort de la prison avec un autre vice : la consommation de la drogue. Depuis, il déserte le foyer familial pour se livrer au vagabondage. Au fil des jours, il se fait arrêter, encore une fois, par la police, puis condamné à deux mois de prison avec sursis pour consommation de drogue et vagabondage. C’est là où il prend conscience de sa chute et décide de reprendre sa vie antérieure. Saïd revient aux salles de sport et accompagne son père à la boucherie. Saïd est, d’ailleurs, près de la boucherie de son père quand il remarque ses voisins, Noureddine et Rachid en train de bavarder. Il les rejoint et remarque que Noureddine ne tenait pas debout. Il avait bu trop d’alcool. Un instant plus tard, Rachid quitte le groupe.
«Emmène ma bicyclette chez le gardien…», lance Noureddine, père d’un enfant de huit ans. Il demande à Saïd de l’accompagner : «Je ne peux plus me tenir debout… J’ai trop bu…», avoue-t-il en souriant.
Saïd qui l’aidait à prendre son équilibre l’accompagne sans demander la destination. Arrivant à Hay Mabchour, Noureddine lui demande de l’attendre et Saïd obéit. Noureddine avance vers une petite fenêtre donnant sur la rue : «Abdellah, Abdellah !». Un vendeur clandestin de boissons alcoolisées arrive. Noureddine s’approvisionne en vin rouge, dont il dissimule une bouteille sous ses vêtements avant de rejoindre Saïd pour continuer leur chemin. Noureddine s’arrête au quartier l’Erac. Il sort les clés et ouvre la porte d’une maison. Il invite Saïd à entrer chez lui pour quelques minutes. Au cours de leur conversation, Noureddine révèle à Saïd avoir couché avec plusieurs de ses amis. Surpris, Saïd cherche à partir. Mais Noureddine l’en empêche. «Je veux coucher avec toi… Et tu ne partiras pas d’ici!», menace-t-il Saïd en tirant son pantalon.
Hors de lui, Saïd le pousse violemment. Noureddine tente alors de le frapper avec le tesson de la bouteille de vin qu’il a brisée. Saïd trouve une brique dans la chambre. Il la saisit et lui donne un coup sur la tête. Noureddine tombé par terre. Saïd avance vers la porte pour l’ouvrir, mais elle était verrouillée. Il est retourné vers Noureddine: «Donnes-moi la clé…». Noureddine se relève et donne un coup de poing à Saïd qui n’hésite pas, cette fois-ci, à assener, à l’aide de la brique, plusieurs coups sur la tête de son agresseur. Noureddine s’effondre.
Saïd lui arrache la clé et prend la fuite. Arrivé chez lui, il raconte tout à son père. Celui-ci lui demande alors d’attendre le lendemain pour savoir ce qui est advenu de Noureddine. Mauvaise nouvelle : il a succombé à ses blessures. Saïd n’a plus qu’à se rendre.
Devant la cour, Saïd avoue son crime, mais insiste sur le fait de n’avoir jamais eu l’intention de tuer. La justice est impartiale lorsqu’il y a homicide. Saïd a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

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