Trois homosexuels tuent un ivrogne

Trois homosexuels tuent un ivrogne

Ahmed traversait le boulevard Mohammed V, à Inzegane. C’était 1 h du matin du jeudi 27 avril. Pressé de rentrer chez lui et conscient du risque qu’il courait dans les rues désertes de la ville à une heure aussi tardive, il hâtait le pas en ne pensant qu’à rejoindre sa femme et ses enfants qui l’attendaient à la maison. Mais, il ne savait pas que la nuit allait être très longue pour lui. Car, à quelques mètres de l’entrée principale du tribunal de première instance de la ville, il trébuche sur le corps inerte d’un jeune homme gisant dans son sang. Bouleversé, car n’ayant jamais vu un cadavre, il n’a pas su quoi faire. Regardant à gauche et à droite pour s’assurer que l’assassin ne se trouve plus dans les parages, il commence à se demander qu’il devait alerter la police ou s’il n’était pas préférable de rentrer chez lui et d’oublier tout ce qu’il a vu. Sa conscience de bon citoyen finit par vaincre et il décida d’appeler la police.
Quelques minutes plus tard, les éléments de la police judiciaire de la ville arrivent sur les lieux. Premier constat des enquêteurs : le cadavre présente une grande blessure au niveau du cœur et quelques gouttes de sang entachent le sol juste un peu plus loin. Un chauffeur de taxi se présenta en témoin spontané et les informa qu’un jeune homme connu pour son homosexualité et qui présentait une grave blessure au niveau du genou a été évacué par une ambulance à quelques dizaines de mètres du lieu du crime.
Au même temps, les enquêteurs parviennent à identifier la victime. Il s’agit de Saïd, âgé de vingt-six ans. Une fois l’inspection les lieux terminée et les procédures de routine accomplies, le chef de la brigade de la police judiciaire ordonna l’évacuation du corps de la victime vers la morgue municipale où sera pratiquée l’autopsie qui déterminera avec plus de précision la cause du décès. Ce n’est qu’à ce moment-là que l’on autorisa Ahmed, qui a découvert le corps, à rentrer chez lui tout en lui signifiant de rester localisable.
Les policiers, eux, se dirigèrent vers l’hôpital pour poursuivre l’enquête. Informés par la protection civile sur l’identité du jeune homme blessé au genou, ils devaient l’interroger étant donné qu’il s’agit d’une piste sérieuse puisqu’il a été blessé à la même heure où la victime avait été assassinée. Il s’agit d’Abderrahim, âgé de trente-trois ans. Interrogé, il déclara avoir été agressé par un délinquant. « Mais, je n’ai tué personne », a-t-il dit aux policiers. Toutefois, il n’était pas convaincant. Les enquêteurs étaient certains qu’il y avait un lien entre sa blessure et l’assassinat de Saïd. Malheureusement, ils n’avaient aucune preuve tangible sur son implication. Ils décidèrent alors de le maintenir sous surveillance. Une décision qui allait s’avérer fructueuse.
Car, vers 8 h du matin, deux jeunes hommes à l’aspect efféminé viennent rendre visite à Abderrahim. Les policiers les ont interceptés au seuil de la chambre du blessé. «Vous étiez avec lui lorsqu’il a tué Saïd ?», leur a demandé le chef de la brigade. Surpris par cette question tellement directe et ferme, se sont immédiatement mis à raconter ce qui s’est passé. «Nous sommes tous les trois des homosexuels », ont-ils dit avant d’ajouter qu’ils ont l’habitude de se prostituer du côté du boulevard Mohammed V et que, le soir du crime, Saïd, qui était ivre, a commencé à les provoquer en les insultant et en les qualifiant de "pédés". 
Les trois homosexuels prostitués ont riposté et les injures ont cédé la place à des coups de poing. Soudain, Saïd a brandi un couteau qu’il dissimulait sous les vêtements et Abderrahim a fait de même. Lorsque le premier lui a donné un coup au niveau de la cuisse gauche, il n’a pas hésité à le surprendre par un coup fatal au niveau  du cœur. Les deux amis ont expliqué aux enquêteurs qu’ils ont appelé la protection civile pour emmener leur ami à l’hôpital, sans qu’ils sachent ce qui est arrivé à Saïd. Les trois jeunes hommes ont été alors mis en état d’arrestation pour être ensuite traduits devant la Cour d’appel d’Agadir. Ils sont en instance de jugement.

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