Une bande de terroristes sous les verrous

Une bande de terroristes sous les verrous

C’était jeudi dernier, 2 juin, quand les sept membres d’une cellule terroriste dénommée «Joundou Al Khilafa» (Les soldats de la succession), ont comparu, en état d’arrestation, devant la chambre criminelle chargée des affaires de terrorisme près la Cour d’appel à Salé.

Issus de la ville de Berkane, les membres de cette bande sont un commerçant, un fellah, quatre marchands ambulants et un poissonnier, âgés entre vingt-sept et quarante ans. Seuls quatre membres de cette cellule terroriste sont mariés. Poursuivis pour constitution d’une bande criminelle qui se préparait à commettre des actes terroristes et porter atteinte à l’intégrité physique  d’une personne et ce dans le cadre d’un projet collectif visant à porter atteinte à l’ordre public, incitation à commettre des actes terroristes, tenue des réunions publiques sans autorisation préalable et activités dans une association non autorisée, tous les sept membres se sont disculpés catégoriquement devant les juges.

Cependant, le dossier de l’affaire révèle que l’affaire remonte au mardi 18 novembre 2014, quand une vidéo, intitulée «L’émergence des Soldats de la succession au Maroc», d’une durée d’une minute vingt secondes, appartenant à un certain Abou Abdellah Al Maghrebi, a été diffusée sur Youtube montrant trois Marocains, cagoulés. Deux parmi eux tenaient un drapeau du groupe terroriste «Etat Islamique» connu sous le nom de Daech et le troisième tenait une épée tout en lisant une déclaration où il fait allégeance à l’«Etat Islamique» et son chef, Abou Bakr El Baghdadi. Dans cette vidéo, celui qui lisait la déclaration a fait appel à ceux qu’il a qualifiés de «lions du nord, du sud, de l’est et l’ouest» et surtout «Les Lions de Berkane» de cesser d’écouter les «ouléma installés par les responsables, les sionistes et les Américains» tout en jurant d’anéantir ce qu’il a qualifié de «Coalition des Croisés». Une enquête policière a été diligentée par les éléments de Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ) et a été soldée par l’arrestation du chef de cette cellule terroriste, à savoir un commerçant, âgé de trente-six ans, trois fois repris de justice pour incitation à la débauche, coups et blessures et menace à l’arme blanche. Ce dernier, selon ses déclarations devant les enquêteurs de police, a révélé qu’une fois avoir quitté la prison il a fait la connaissance de jeunes, membres du groupe «Addaâwa Wa Tabligh».

Seulement, entre-temps, il a entretenu une relation avec un jeune takfiriste avec lequel il a commencé à partager les idées. Depuis, il a commencé à penser à rejoindre Daech en Syrie pour le Jihad. Effectivement, selon les investigations policières, le commerçant a recruté six jeunes pour constituer une bande. Nommé émir, il a demandé à ses complices de se préparer pour procéder à des opérations terroristes dans le pays. Pour ce faire, ils ont préparé une liste des victimes ciblées dont des policiers, des gendarmes, un ferrailleur, un jeune homme d’obédience chiite et se réunissaient dans les régions montagneuses de Berkane. Après délibérations, la Cour les a jugés tous les sept coupables pour les accusations qui leur ont été attribuées et a condamné le chef de la cellule à 7 ans de réclusion criminelle. Quant aux six autres, ils ont été condamnés de 2 à 5 ans de prison, deux à 4 ans de prison ferme et les deux derniers à 3 ans de prison ferme.

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