Vingt ans de prison pour les tueurs d’un veilleur de nuit

Vingt ans de prison pour les tueurs d’un veilleur de nuit

Nous sommes à El Jadida. La salle d’audience de la chambre criminelle près la Cour d’appel est archicomble. Au box se tenaient trois amis. Leur crime remonte à ce matin où deux amis ont aperçu un cadavre, gisant dans une mare de sang. Stupéfaits, ils ont vite alerté la police. Les limiers se sont dépêchés sur les lieux. Un constat d’usage a été effectué aussitôt : Il s’agit du cadavre d’un quinquagénaire, vêtu d’un tricot blanc, d’un blouson et d’un pantalon noir. Son genou droit présentait une grave blessure. Qui est-il ? Le défunt ne portait sur lui aucune pièce d’identité. Quel est le mobile du crime et qui en est l’auteur ? La réponse à ces questions s’avère quelque peu difficile, puisqu’il n’existe aucun indice permettant de déboucher sur une piste. Le cadavre a été évacué à l’hôpital au service médico-légal. Le résultat de l’autopsie est catégorique : mort non naturelle, survenue suite à une hémorragie. Autrement dit, le défunt a été blessé avant d’être abandonné à son sort.
Aussitôt, une opération de ratissage avait eu lieu sur toutes les artères donnant sur la scène de crime. Sans résultat. Quelques ivrognes, des vagabonds, ou des personnes en compagnie de prostituées, qui n’ont aucune relation avec le meurtre ont été arrêtés. Pire encore, les enquêteurs ne disposent même pas d’un élément ou indice sur le ou les auteurs du crime.
Entre-temps, les enquêteurs ont recueilli des témoignages faisant état de la disparition, depuis quelques jours, d’une bande qui fréquentait les mêmes lieux et qui semait la terreur chez les passants.
Ses membres ont-ils un lien avec le crime ? Les enquêteurs ne pouvaient ni confirmer ni rejeter cette hypothèse. Seul le résultat de l’enquête allait les convaincre de leur culpabilité ou de leur innocence. Mais une semaine plus tard, un trio est venu sur les lieux. Leur présence a mis la puce à l’oreille des éléments de la police qui effectuaient des rondes en permanence. Ils les ont arrêtés et les ont martelés d’interrogations. Et enfin les trois membres de la bande semblent être les auteurs du crime puisqu’ils ont fini par avouer.
Il s’agit de Abdelhak, Mohamed et Hamid, âgés respectivement de 32, 34 et 36 ans. Ces derniers  s’enivraient ensemble. Seulement leurs bouteilles de vin rouge se sont vidées et leurs poches aussi. Et la solution ? Il faut agresser des passants. C’est ce qu’ils ont fait. Quelques minutes plus tard, un quinquagénaire traînait ses pas. Le trio l’a remarqué et Abdelhak s’est avancé vers lui. Sans lui adresser la parole, il a brandi un couteau. Craignant d’être poignardé, l’homme a reculé de quelques pas. Abdelhak a continué à s’avancer vers lui, sans lui demander quoi que se soit. À un moment, l’homme s’est arrêté, attendant ce qui lui arriverait. Abdelhak le regardait sans prononcer le moindre mot. L’homme l’a supplié de le laisser en paix. Sans lui permettre d’ajouter une autre phrase, Abdelhak lui a asséné un coup au niveau du genou.
L’homme est tombé par terre en criant au secours. Mais personne n’était sur les lieux. Les deux autres malfrats se sont approchés de lui pour fouiller ses poches. Ils n’ont trouvé que trente dirhams et l’ont abandonné pour prendre une autre destination non loin. Les enquêteurs ont identifié ensuite la victime. Il s’agit de Mohamed, veilleur de nuit, âgé de quarante-trois ans, père de trois enfants.
Devant la Cour, ils ont nié avoir agressé et tué l’homme. Mais leur disculpation n’a pas convaincu la Cour qui a remarqué qu’ils sont tous des repris de justice. Chacun d’eux avait purgé au moins deux peines d’emprisonnement ferme. Et elle les a condamnés à vingt ans de réclusion criminelle pour chacun.

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