Bidonvilles à Casablanca : Encore 46.000 ménages à loger

Bidonvilles à Casablanca : Encore 46.000 ménages
à loger

Les bidonvilles sont les fruits de l’histoire. «Avant l’indépendance, les colons français logeaient les ouvriers marocains dans plusieurs espaces périphériques de la ville de Casablanca pour ne citer que «Kariane Central», Sidi Othmane. Le phénomène donna naissance à des développements sur des terrains libres à Anfa, Bourgogne ou encore à Ain Diab», rappelle Mustapha Mellouk, président de l’Association du Grand Casablanca. Au fil des ans, le phénomène fut utilisé à des fins politiques connues de tous. Ce n’est qu’après le 16 mai 2003, date des attentats perpétrés dans la métropole  que les directives royales changeaient la donne. Toujours est-il que Casablanca enregistre des poches de résistance compte tenu de la complexité du phénomène. Les responsables de l’agence urbaine de la ville demeurent toutefois optimistes compte tenu de l’état d’avancement des opérations de recasement des populations concernées. «Sur près de 109.093 ménages identifiés dans la région, 43.819 ont bénéficié d’opérations achevées au moment où 19.954 attendent leur relogement. Aujourd’hui, il s’agit de se mobiliser pour trouver une solution adéquate pour le relogement des 45.920 ménages restants», affirme M. Azzeddine Hafif, directeur des affaires foncières et de l’aménagement urbain au sein de l’agence urbaine de Casablanca. Les contraintes demeurent pourtant réelles. La prise de conscience aussi. «Les obstacles auxquels se heurtent les initiatives de recasement sont liés au foncier, au financement et à l’adhésion des populations», explique M. Hafif. Face à la problématique, une large assiette foncière et des fonds publics s’élevant à 4,849 milliards de dirhams ont été mobilisés. Le programme devra ainsi permettre la réalisation de 13 opérations de recasement organisées sur une superficie totale de 630 hectares et concernant 43.756 ménages. Une autre opération devra faire bénéficier 2.164 ménages de logements adéquats à travers l’utilisation de 15 hectares de terrain. Toujours est-il que le manque de rigueur dans l’application des lois ne permet toujours pas de mettre fin à un phénomène qui entache la métropole économique. «Il y a bien une loi ou une réglementation qui interdit les logements clandestins? Commençons d’abord par l’appliquer», conseille Mustapha Mellouk. L’intégration sociale est pointée du doigt. «Il s’agit d’offrir aux populations défavorisées un cadre propice à leur intégration sociale et économique. Le concept des villes nouvelles doit donc répondre à des normes d’habitat mais aussi prendre en ligne de compte toutes les infrastructures d’accueil. C’est bien pourquoi la ville de Casablanca doit faire l’objet d’un nouvel aménagement urbain qui tient compte de manière pertinente de son développement actuel et futur». Les responsables de l’agence urbaine semblent toutefois sensibles à cet aspect fondamental puisqu’ils assurent que «le choix du foncier mobilisé répond à des critères de proximité du lieu du travail, de disponibilités des moyens de transport et de la possibilité de raccordement aux réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité». Plus, les pouvoirs publics sont formels. «L’ouverture des zones à l’urbanisation induira la création de pôles urbains à part entière». Bref, le compte à rebours a commencé pour enrayer le phénomène lié aux bidonvilles. La réussite du programme demeurant conditionnée par l’adhésion de tous les acteurs.

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