Cadrage : Le syndrome de Stockholm

La solitude de Yasser Arafat, la condition inhumaine imposée à un homme qui incarne le calvaire de tout un peuple chassé de sa terre, martyrisé et renié dans ses droits les plus élémentaires constituent une honte pour la communauté internationale dans son ensemble. L’impuissance des Nations Unies, la partialité coupable des Etats-Unis dans le conflit du Proche-Orient, défendant l’indéfendable dans ce conflit inégal, prenant le parti du bourreau, sans réserve ni nuances, contre celui de la victime, l’attitude passive de la majorité des régimes arabes vis-à-vis du drame du peuple palestinien décrédibilisent tout discours idéaliste sur les valeurs humanitaires, sur la primauté du droit international ou sur la justice des hommes. Les images de destruction systématique de tous les symboles, fragiles et précaires, de la reconnaissance internationale des droits des palestiniens choquent à l’extrême. On y voit, au quotidien, l’escalade des atteintes physiques et arrogantes que le régime de Sharon, raciste, sanguinaire et extrémiste, porte à l’autorité palestinienne. Les mâchoires de l’étau se resserrent inexorablement autour du leader historique et internationalement reconnu du peuple palestinien. Tout cela pèse de manière profonde et fondamentale sur la conscience collective de tous ceux qui se sentent des liens, ethniques, religieux ou simplement humains avec le peuple palestinien. L’attitude, aventureuse et extrême, des dirigeants israéliens menés par Ariel Sharon, la politique d’extermination systématique du peuple palestinien, l’élimination physique de chefs de file de la résistance palestinienne sont arrivées à un tel degré de durcissement et d’emballement qu’elles suscitent une profonde inquiétude sur la santé mentale et psychologique de ceux qui manifestent davantage les signes d’une pathologie lourde que d’une quelconque politique un tant soit peu rationnelle. Pour le peuple juif, d’Israël et d’ailleurs, qui a lourdement payé le tribut d’autres hérésies et folies meurtrières par le passé, dont la plus récente a été menée au coeur de l’Europe du XXème siècle, il est fort à craindre de le voir céder au syndrome de Stockholm qui consiste, pour des victimes, à épouser la cause de leurs tortionnaires et à reproduire, par mimétisme, des attitudes et des actes identiques à ceux qu’ils ont subis, même s’ils les imposent à des victimes complètement étrangères au calvaire inhumain que fut la Shoah, de triste mémoire.

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