Cadrage : Les attraits du politique

Un code électoral sert à fixer des règles de jeu. À mettre tous les acteurs sur un pied d’égalité. À régler les différends s’il y en a. Et les ajustements en cours de route ou carrément le dévoiement de l’opération électoral. Il n’est ni une fin en soi, ni un objectif à atteindre et qui de par cet aspect là nécessite un dispositif à part.
Pourquoi alors focalise-t-on tant l’attention sur les nouvelles lois électorales en discussion au Parlement ?
On peut énumérer au moins trois raisons qui justifient cet intérêt très particulier.
D’abord, l’expérience du bicaméralisme introduite depuis la réforme de la Constitution en 1996, est toujours en phase de rodage. Un rodage qui a mis au grand jour des dysfonctionnements auxquels il fallait remédier. Il fallait aussi régler les rapports entre les deux chambres pour que cesse cette forme de conflit de compétences qui ne disait pas son nom mais qui n’en demeure pas moins réelle. Pour cela, une nouvelle loi s’imposait.
Deuxièmement, depuis 1976, année du lancement du processus électoral, les va-et-vient des députés entre tel ou tel parti ne s’arrêtaient presque pas. Le terme de la transhumance politique a été inventé pour signifier cette situation. Aucune loi n’obligeait un élu à garder son étiquette politique. Maintenant avec la nouvelle loi, si jamais elle est adoptée, ceux qui se présentent au nom de la nation doivent réfléchir trois fois avant d’opter pour tel ou tel parti. Il faut dire ici que tout en admettant le caractère très personnalisé du vote, en admettant aussi les survivances des rapports d’ordre familial ou tribal, il est absolument vital que l’on essaie d’inculquer à l’ensemble des acteurs politiques et aux électeurs qu’un bulletin de vote est un engagement politique et que de ce fait l’élu est comptable devant ses électeurs et que ces derniers ne doivent aucunement monnayer leur voix. L’adoption du scrutin par liste peut mettre un terme à ce mal qu’est justement la transhumance politique des élus.
Troisième raison de cet intérêt, les projets de lois électoraux interviennent au moment où des codes tout aussi importants ont été validés. A savoir le code des libertés publiques et celui de la presse. Le lien entre l’ensemble de ces textes est vite fait, aisément fait. Ceci a conféré l’espace de quelques semaines à l’institution parlementaire une importance capitale aux yeux de l’opinion publique.
A-t-elle été au niveau de ces aspirations? Les débats apportent-ils les touches politiques adéquates, les réglages techniques nécessaires et les ajustements juridiques qu’il faut ? Loin bien sûr de tout marchandage politique et tout chantage politicien.
En définitive, cette batterie de lois doit permettre la réconciliation des citoyens avec la politique…Un autre grand défi.

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