Cadrage : L’image d’une nation

Dans une dizaine de jours le coup d’envoi de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football sera donné au Mali. Une compétition qui, au-delà de sa symbolique continentale et qui nous est particulièrement chère, est devenue un rendez-vous très couru pour les amateurs et les professionnels du ballon rond, un peu partout dans le monde, avec les facilités de circulation et d’accès aux images dans les quatre coins de la planète.
Pour les amateurs, c’est une véritable oasis de fraîcheur où ils retrouvent la beauté du jeu spontané, les vertus de la technique individuelle qui devient de plus en plus lissée et empesée dans les équipes occidentales, par exemple, et une occasion de découvrir de jeunes et nouveaux talents comme le continent ne cesse d’en fournir au monde du foot. Pour les professionnels : recruteurs, sélectionneurs, intermédiaires de tous genres ; il s’agit d’un marché qui, lui, a anticipé depuis longtemps sur les « vertus » de la mondialisation et se trouve au centre de toutes les tractations.
C’est, d’abord pour ces raisons que la qualification de notre équipe nationale pour ce rendez-vous est non seulement importante, mais elle est vitale pour notre football et elle devrait être aussi une opportunité pour nous faire oublier, quoique ce n’est pas une mince affaire, notre élimination de la Coupe du Monde dont la phase finale aura lieu dans quelques mois en Corée et au Japon.
Mais, et c’est un fait que tous les signaux pointent, l’état d’esprit qui prévaut dans notre sélection nationale et dans son encadrement inquiète tous les amateurs et les observateurs. Les conditions générales qui ont accompagné la constitution du collectif qui défendra les couleurs du Maroc à Bamako, les préparatifs qui ont précédé ce rendez-vous, les prestations de l’équipe lors des matchs test des dernières semaines et les diverses polémiques sur les critères et les incohérences qui ont caractérisé l’opération de sélection des joueurs sèment, malheureusement, un fort malaise au sein de cette équipe et multiplie les objets d’inquiétude.
Or, le palmarès de notre football dans son ensemble,, avec un seul titre régional depuis 1976 (celui de la CAN justement), demeure loin de se hisser au niveau d’un pays et d’une nation connus pour leur amour de ce jeu et pour les ambitions qu’ils nourrissent de jouer dans la cour des grands en matière d’organisation de grands évènements régionaux et internationaux dans ce domaine. Mais, pour ce faire, il est d’abord indispensable et salutaire d’optimiser les ressources nationales en termes de talents et d’encadrement, et notamment celles qui sont expatriées et se plaignent de divers formes d’ostracisme injuste à leur égard.

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