Cadrage : Un drame innommable

L’Algérie, via ses obligés du Polisario, a décidé d’élargir une centaine de prisonniers de guerre marocains qui croupissaient derrière les barrières physiques et idéologiques qui leur ont été imposées depuis un quart de siècle.
Au Maroc, on ne peut que se féliciter de savoir qu’un certain nombre de nos compatriotes, qui furent raptés alors qu’ils accomplissaient leur devoir national de défense de nos frontières, sont désormais libres et viennent de retrouver leurs familles qui ont vécu un véritable calvaire au cours de ces longues années de captivité. Mais, en même temps, on garde un fort goût d’amertume et de profonde indignation, sachant que 1262 autres prisonniers marocains demeurent toujours en détention sur le territoire algérien. Une véritable catastrophe humanitaire dont la cruauté et l’injustice sont rarement égalées dans le monde. D’autant plus que les peines ignominieuses infligées à ces militaires sont scandaleusement disproportionnées par rapport à leur supposé « crime », qui ne rentre dans aucune logique de droit international ou de conventions régissant les relations entre pays entrés en belligérance, ouverte ou latente.
L’aspect révoltant dans ce chantage du pouvoir militaire algérien envers le Maroc, en prenant en otage des citoyens marocains auxquels il impose des conditions inhumaines et insupportables, est d’autant plus accentué que le Royaume a toujours observé une attitude bienveillante et civilisée envers l’Algérie voisine et ses ressortissants. Les règles de bon voisinage et de fraternité des armes n’est malheureusement pas observée de la même manière des deux côtés de la frontière algéro-marocaine.
Pire encore, le drame humanitaire auquel sont soumis des centaines de prisonniers marocains et leurs familles ne semblent pas du tout émouvoir outre mesure ni les organismes humanitaires internationaux spécialisés, ni les Ong militantes pour nombre de causes humanitaires, même, sinon surtout, lorsqu’elles sont très présentes dans la région et défendent exclusivement, contre vents et marées, des causes séparatistes et des foyers de subversion, porteurs de germes de terrorisme. Un aventurisme dont la menace déborde désormais largement les confins frontaliers marocains et pèse dangereusement sur la stabilité et les équilibres de la région. Mais il faut dire aussi qu’à l’intérieur même du Maroc, le drame humanitaire des ressortissants marocains prisonniers en Algérie ne suscite pas l’intérêt et la mobilisation qu’il mérite.
Du côté des autorités compétentes, un déficit notoire en matière d’assistance et de soutien des familles de ces prisonniers, ainsi qu’à ceux d’entre eux qui furent libérés par le passé, est à regretter. Pour leur part, les partis politiques, les associations humanitaires et les médias en général ne se mobilisent pas suffisamment pour prendre en charge ce drame humanitaire. Mais il est vrai que le patriotisme n’est pas tellement «vendeur» de nos jours. Il est même parfois considéré comme ringard. Un air du temps inquiétant.

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