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L’histoire récente de la région maghrébine et méditerranéenne retiendra l’attitude de l’Algérie dans le conflit qui oppose le Maroc à l’Espagne, à propos de l’îlot Leïla entre autres, comme une rare perle de notre époque. Par son incongruité, par son manque de visibilité politique, par son anachronisme et son étrangeté, la position algérienne est à marquer d’une pierre blanche, tellement elle s’est trouvée en porte-à-faux avec tout ce qui est prêté à l’Algérie comme passé militant contre le colonialisme, comme appartenance identitaire, berbère et arabo-musulmane, ou même simplement eu égard à ses intérêts bien compris et au simple bon sens.
Au moment même où, à un jet de pierre des côtes marocaines, l’Espagne a fait étalage de sa force militaire sans commune mesure avec le potentiel marocain, et qu’elle s’est permise d’attenter à la souveraineté du Royaume en s’en prenant physiquement à une patrouille de surveillance marocaine récemment installée sur le rocher Leïla, sous souveraineté marocaine, des voix officielles à Alger, largement relayées par une presse aux ordres, ont tenté de semer le doute sur la légitimité de la position marocaine et ont implicitement apporté leur soutien à l’Espagne, en pleine hystérie colonialiste et militariste à l’encontre du Maroc.
Pire encore, les piètres stratèges d’Alger ont estimé opportun de faire, à cette occasion, des parallèles qui leur ont semblé malins entre la tentative de conquête espagnole du rocher et la chimérique revendication des séparatistes du Polisario, tenus à bout de bras par le régime militaire algérien, sur les provinces marocaines du sud. Une contorsion qui révèle un niveau de désarroi et de dépit qui laisse pantois.
Lorsqu’on remarque que même les pays de l’Union européenne et de l’Otan, liés à l’Espagne par des engagements de solidarité formels et naturels, ont fini par nuancer le soutien qu’ils avaient apporté, dans un premier temps, à Madrid. Lorsqu’on remarque qu’en Espagne même des voix avisées se sont élevées, parmi les intellectuels, les historiens et les éditorialistes pour appeler leurs gouvernants à plus de retenue et à une meilleure prise en compte des droits légitimes du Maroc. Lorsqu’on constate l’élan de solidarité spontanée et naturelle qui a parcouru l’ensemble du monde arabe et musulman en faveur des positions justes et fondées du Royaume. On est partagé entre la colère et la charité en voyant l’impasse dans laquelle se sont fourvoyés les généraux d’Alger et leurs créatures et porte-voix.
Le drame algérien n’a que trop duré et il a déjà fait des centaines de milliers de victimes depuis des années, dans l’indifférence générale de la communauté internationale qui, par impuissance ou par indifférence pour le sort de tout un peuple martyr, détourne son regard de cette tragédie. Avec les dernières hérésies de ses gouvernants, tout se passe comme si on voulait aussi isoler ce pays de tout ce qui pourrait encore le lier à une quelconque forme de solidarité ou de simple humanité. Mais les peuples ont la mémoire longue et ils finissent par triompher des pires ignominies.

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