«C’est ridicule»

ALM : Le dénommé Mohamed Abdelaziz vient d’envoyer une lettre au secrétaire général de l’ONU dans laquelle il dénonce le comportement des Marocains vis-à-vis du règlement du problème du Sahara. Qu’en pensez-vous ?
Ahmed Osman : Personnellement je ne vois pas la nécessité de tout ce remue-ménage, et ces petites thèses et autres réactions que je qualifie d’injustifiables. Sincèrement, je ne comprends pas pourquoi l’on omet de parler de l’accord de Madrid que j’ai eu l’honneur de ratifier au nom du Royaume du Maroc en tant que Premier ministre chargé par Feu Hassan II de cette mission. Personne, ou presque, ne parle de cet accord tripartite et qui avait mis fin, à l’époque, à toute spéculation sur les liens indéfectibles entre le Royaume chérifien et les populations du Sahara. Faut-il rappeler encore pour la énième fois que le Roi Hassan I était allé jusqu’aux fins fonds du Sahara à dos de cheval rien que pour s’enquérir de ses sujets en 1885 ? Un siècle plus tard, en 1985, nous avons eu l’honneur d’accompagner Feu Hassan II dans le même parcours en voiture et pour les mêmes raisons. Et les populations locales ont vite fait le lien en rappelant la visite de Hassan I. C’est dans le même cadre que se situe la visite effectuée par SM le Roi Mohamed VI au Sahara qui a déduit, lors de cette même visite, que l’application du principe de la régionalisation, comme pour le reste du Royaume d’ailleurs, profiterait certainement aux populations locales pour le développement et la prospérité de toutes les régions. Le principe de la région qui se prend en charge sur tous les volets, à part la diplomatie, la Défense nationale et les infrastructures de base.
Mais Abdelaziz s’adresse tout de même au secrétaire général de l’ONU…
Je ne pense même pas que l’ONU soit concerné par cette affaire. D’ailleurs, lors de la ratification de l’accord de Madrid, ce n’est que par courtoisie que nous avons informé l’organisation onusienne. Cette dernière n’a pas à s’immiscer dans une affaire de souveraineté. Ce polisario fut né en un temps record en 1973 avec une grande complicité algérienne et espagnole. Donc je ne vois pas qu’il faut donner de l’importance à la lettre envoyée par Abdelaziz.
L’Algérie pèse de tout son poids dans cette affaire et c’est grâce aux médias algériens que la lettre en question a été hyper médiatisée. Alors…
L’Algérie n’a rien à voir dans cette affaire. Que ce soit du côté de l’histoire ou de la géographie, elle est bien loin. D’ailleurs les Algériens eux-mêmes n’arrêtent pas de le répéter. Mais si les gouvernants algériens s’obstinent à s’immiscer dans ce problème, c’est juste pour détourner l’attention des problèmes cruciaux que ce pays connaît sur le plan intérieur et la guerre des clans pour s’accaparer le pouvoir.
Malheureusement cela a amputé la marche de la concrétisation du rêve du Grand Maghreb arabe qui avait démarré à partir du Royaume du Maroc.
Le document d’Abdelaziz est interprété par la presse algérienne comme une réponse au mémorandum adressé par le Maroc à l’ONU…
Le mémorandum est très important car il rappelle nos droits légitimes et historiques. Mais les tentatives de mettre des bâtons dans les roues de la part des Algériens existaient depuis le début. Je reviens encore une fois à l’accord de Madrid pour rappeler que les Algériens (à l’époque) avaient tout essayé pour perturber la bonne marche des choses. Ils avaient même réussi à influencer le ministre des Affaires étrangères espagnol d’alors, mais les choses étaient vite rentrées dans l’ordre, à l’unanimité du gouvernement espagnol. Nous avons beaucoup de respect pour l’ONU, mais je tiens à préciser que la comparaison entre l’affaire du Sahara et d’autres affaires dans lesquelles l’ONU était intervenue ne doit jamais avoir lieu. Ce n’est pratiquement pas la même chose. C’est une thèse ridicule et qui a toujours été appuyé par l’Algérie.

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