De La corruption électorale

De La corruption électorale

Le Maroc, qui figure régulièrement dans les rapports de ‘Tansparency international », fait, en 2003, un bond de dix-huit places puisque l’année d’avant il était situé à la cinquante-deuxième position. Encore heureux que le rapport 2003 ait été établi avant les dernières élections au cours desquels l’argent de la corruption a coulé à flots pour l’achat de voix de petits et grands électeurs. Le rapport en question laisse entendre, dans son préambule, que des pays comme le Maroc nécessitent une urgente assistance en matière de lutte contre la corruption. L’évaluation du Maroc s’est faite conformément aux estimations et analyses d’experts, d’hommes d’affaires et d’universitaires. Plusieurs enquêtes ont été menées, sur le terrain, diligentées par plusieurs organismes et entreprises spécialisés. La corruption électorale et considérée comme particulièrement néfaste. Ses conséquences sont désastreuses,puisque ceux-là mêmes qui sont censés moraliser la vie publique, accèdent à la gestion de la chose communale, publique et politique par la corruption, le népotisme ou le trafic d’influence. Plus grave encore, le phénomène s’accentue et devient plus important qu’auparavant, puisque l’Administration observe, pour l’essentiel, une stricte neutralité lors du déroulement des votes. Malheureusement, il s’agit, dans la plupart des cas, d’une neutralité dite passive, ce qui arrange les affaires des corrupteurs et des corrompus, les marchandages et les transactions fructueuses entre élus, électeurs et parfois agents d’Autorité. La lutte contre ce phénomène endémique et récurrent est devenue très prioritaire au Maroc, où le pouvoir ne cesse d’appeler à l’instauration d’un nouveau concept de l’autorité et à la moralisation de la vie publique nationale. Il existe aujourd’hui une réelle prise de conscience du besoin de rendre les Marocains au fait sensibles à l’étendu du désastre, à sa gravité et à la nécessité d’agir d’urgence. La corruption électorale a en effet atteint un niveau critique à l’échelle nationale, gangrenant le jeu politique, faussant la réalité des rapports de forces entre les acteurs de ce jeu et condamnant l’Etat à composer avec des élus sans aucune réelle représentativité. C’est la conclusion qui s’impose à l’analyse du déroulement des dernières consultations, les élections communales et celles du tiers sortant de la Chambre des représentants,. Le message est sans équivoque, le phénomène gangrène l’ensemble de la classe politique nationale sans distingo à travers toutes ses composantes. Le plus curieux, c’est que la corruption électorale n’est pas propre à une tendance politique par rapport à une autre. Le phénomène n’a rien à voir avec les divisions et les alliances politiques classiques. Chez les corrupteurs, tout comme chez les corrompus des élections, on trouve aussi bien des gens de droite que de gauche, des Islamistes que des laïcs. À ce jeu de basse besogne, les alliances se font et se défont au gré de l’enjeu électoral et des régions. Il n’y a plus ni Koutla, ni Wifak. Plus grave, au sein d’un même parti, des voix de militants dûment recensés se portent sur un candidat adverse. Allez comprendre ! Il est temps pour la société civile de réagir, si elle ne veut pas qu’en réagisse à sa place dans un sens contraire à ses intérêts. Elle doit prendre d’urgence conscience des effets néfastes de ce type de corruption et adhérer pleinement aux réformes politiques initiées par les pouvoirs publiques, depuis l’avènement du nouveau Roi, à travers le contrôle effectif des activités des institutions clés et en veillant à ce que les réformes se fassent de façon impartiale.

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