Démantèlement d’un nid d’espions

Décidément, les responsables du bureau exécutif du Forum Marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ) viennent de donner une nouvelle preuve irréfutable de l’incohérence de leur discours et de l’instabilité de leurs prises de position. Ils viennent de contredire leur propre position sur leur section du Sahara en condamnant sa dissolution par décision judiciaire alors qu’il y a à peine quelques mois, ils avaient sévèrement condamné ses dérapages.
Ainsi, dans un communiqué daté du 23 juin, le bureau exécutif du FMVJ s’est indigné de la décision du Tribunal de première instance de Laâyoune de dissoudre la section du Forum au Sahara. Expliquant les raisons de son indignation, le bureau exécutif de ce Forum précise que cette "décision s’inscrit dans le cadre des persécutions et autres actes arbitraires à l’encontre des militants du FMVJ du Sahara". Le même communiqué rajoute que la décision du tribunal "confond la personne morale du F.M.V.J et les personnes physiques que sont ses adhérents". La conclusion du communiqué va dans le même sens et juge qu’"il s’agit là d’une instrumentalisation des dispositions relatives au droit d’association, et qui s’inscrit dans une série d’actions répressives visant à restreindre l’activité militante du F.M.V.J dans la région, l’interdire pratiquement. Une telle décision est, si besoin en est, un autre indice du manque d’indépendance de la justice".
Pourtant, il y a juste une année, le 6 juin 2002, ce même bureau exécutif avait pris la décision de geler les activités de sa section au Sahara en se basant sur le fait que cette représentation régionale connaissait "des dépassements dangereux qui menaçaient d’une manière directe les intérêts des victimes dans la région et risquait de conduire le Forum dans des batailles qui ne serviraient pas le Forum marocain pour la Justice et la Vérité". Auparavant, le 14 mai 2002, et lors de la séance d’ouverture du premier congrès du Forum, Driss Benzekri, alors président, avait prononcé une allocution dans laquelle il avait explicité les raisons qui avaient convaincu le bureau exécutif de prendre la décision de dissoudre la section du Sahara et de geler ses activités. Pour Benzekri, qui parlait au nom des membres du bureau exécutif, les actions menées par ladite section allaient à l’encontre des positions du bureau national et ne faisaient nullement l’objet de concertation préalable avec ses responsables. "…Ce qui s’est passé est que nous avons été surpris de découvrir que certains (NDLR : responsables de la section du Sahara) sont allés participer à des rencontres internationales et avaient parlé au nom du Forum de certains sujets qui n’ont rien à voir avec le Forum et qui n’ont fait l’objet d’aucun débat au sein de ses instances officielles", avait expliqué l’ex-président du FMVJ. Ce que Benzekri décrivait dans son allocution n’était en fait que l’une des raisons pour lesquelles la justice avait décidé de dissoudre cette section. En effet, les dépassements de ses membres étaient plus que de simples erreurs de procédure. Il s’agissait d’une opération de grande envergure menée par les membres de cette section au profit des dirigeants du Polisario et en coordination avec leurs responsables afin de servir la thèse séparatiste.
Les enquêtes menées par la police judiciaire ont révélé, preuve à l’appui, que tous les agissements de ces activistes entraient dans le cadre d’un plan d’action contre l’intégrité territoriale du Maroc élaboré par un certain Pierre Galland et dont les grandes lignes avaient été tracées lors d’une rencontre organisée par le Polisario dans la ville italienne de Modena, le 30 octobre 2002. Lors de cette rencontre, le dénommé Galland, qui dirige "la Coordination européenne de soutien au peuple sahraoui", avait explicité devant les assistants les grandes lignes de son plan visant à porter atteinte à l’intégrité du territoire marocain. Galland avait appelé, entre autres, les jeunes marocains d’origine sahraouie et résidant dans les provinces du sud à perpétrer des actes de vandalisme contre les biens publics et privés dans les villes du sud. Une fois ces actes commis et les auteurs arrêtés par les services de police, Galland promettait de mener une campagne médiatique en Europe pour leur conférer un aspect politique et prétendre que les auteurs étaient des détenus d’opinion.
Les membres de la section du Sahara du FMVJ avaient adhéré à cette stratégie et l’avaient adoptée. Leur premier acte dans ce sens a été d’abord d’effacer le mot "marocain" de l’enseigne qui était affichée à l’entrée de leurs locaux. Ce qui signifie qu’ils reniaient leur identité.
Ensuite, et induisant en erreur des jeunes marocains de la région qui ont des revendications sociales comme l’emploi, ils organisèrent plusieurs manifestations marquées par la violence et le vandalisme. Et comme prévu dans le plan de Galland, tous les détenus étaient immédiatement affichés sur le site du Polisario comme des détenus politiques. C’est le cas, entre autres, de Ali Salem Tamek, membre du bureau exécutif de ladite section, qui purge actuellement une peine de deux ans de prison ferme dans la prison civile de Salé pour coopération avec le Polisario.
Enfin, il est à signaler que les agissements des membres de cette section, prouvés par la police et reconnus par les concernés, ne peuvent être qualifiés que de haute trahison de l’Etat.     

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