Des rapatriements aux frais du Maroc

Jusqu’à dimanche 16 octobre, plus de 2 500 candidats à l’émigration clandestine, originaire de l’Afrique noire, ont été rapatriés du Maroc vers leurs pays à  partir des villes d’Oujda et de Guelmim. Dans cette dernière ville, les autorités locales estiment que l’opération prendra fin ce mardi. En tout, le nombre total de clandestins, reconduits dans leurs pays depuis l’aéroport de Guelmim, s’est élevé, jusqu’à présent, à 841 personnes, dont 394 du Mali, 294 du Sénégal, 60 de Gambie et 93 de Guinée-Conakry.
Pour le seul Sénégal, l’un des pays les plus concernés, il y a eu huit rotations d’avions, affrétés par le Royaume du Maroc, déclare-t-on de l’ambassade de  ce pays.  Officiellement, entre lundi et dimanche, il y a eu 15 rotations qui ont permis à 1.117 Sénégalais et 1.031 Maliens de regagner leurs pays. Le gros contingent des Sénégalais et Maliens  (plus de 1600) est parti d’Oujda, en présence des diplomates des   pays concernés.
Les autres refoulés sont de la Gambie, du Cameroun et de la Guinée Conakry.  Ce pont aérien vers l’Afrique noire a commencé il y a une semaine à partir d’Oujda, tout près de la frontière algérienne. Par ailleurs, quelques centaines  d’émigrants africains vont  être refoulés cette semaine à partir de la base militaire de Bou Izakarn, à  50 km au nord de Guelmim. Il s’agit de 85 Gambiens, 58 Nigérians, 17 Ghanéens, 53 Guinéens, 17 Béninois, 2 Soudanais, 3 Libériens, 1 Tchadien et 1 Kenyan, selon le décompte des services de sécurité marocains. Un diplomate camerounais qui se trouve à Guelmim, a fait état également de la présence de 127 de ses compatriotes.
Officiellement, d’ici la fin de l’année, l’opération coûtera au Royaume 100 millions d’euros. Bien loin des 40 millions promis par l’Union européenne. Le comportement du Maroc a été salué par José Luis Rodriguez Zapatero, lequel a estimé, dimanche, que le Maroc a réagi de manière «très positive » à la situation créée par les migrants subsahariens et, d’après lui, «défendu une exigence de coopération et d’aide au profit du Royaume, au cours d’une interview accordée à la station radio «Cadena Ser » et rapportée par la MAP.
Concernant les ressources et les capacités du Maroc pour faire face à ce phénomène, le chef du gouvernement espagnol a attiré l’attention de l’opinion publique sur l’écart du niveau de développement entre l’Espagne et le Maroc."La différence est de 1 à 15. Il n’y a aucune frontière dans le monde avec un tel écart de revenu" par tête d’habitant, a relevé un Zapatero apparemment très satisfait.

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