Éditorial : Fermeté

La visite inopinée effectuée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’Association musulmane de bienfaisance de Aïn-Chock à Casablanca et les instructions que le Souverain a données après avoir constaté in situ –et de visu – la précarité des conditions de vie des jeunes pensionnaires est un événement qui aura certainement un impact très fort sur les établissements similaires. Le geste royal est très significatif et le message que le Souverain a voulu transmettre a une portée qui va au-delà de l’association en question puisqu’il est destiné à tous ceux qui sont censés contrôler la gestion des établissements ayant une vocation humanitaire.
Les destinataires du message royal sont essentiellement les associations caritatives elles-mêmes, le département de tutelle et les autorités locales.
Les premières doivent comprendre que,
désormais, le contrôle de la gestion des associations de bienfaisance sera plus rigoureux et que toute défaillance sera sanctionnée. Ainsi, tous ceux qui font de l’action humanitaire une source illégitime d’enrichissement ou ceux qui faillissent, par action ou omission, à leurs responsabilités à la tête d’associations caritatives, devront répondre de leurs actes.
Ce que le département de tutelle doit retenir du geste royal, c’est qu’il est mandaté par le chef de l’Etat pour faire de l’affaire de l’association musulmane de bienfaisance le début d’une campagne d’inspection dans tous les établissements à vocation sociale pour s’enquérir de leur situation et de leur fonctionnement. De plus, il est temps pour ce département de procéder à l’instauration d’un mécanisme de contrôle systématique desdites associations afin d’éviter que des dépassements comme ceux enregistrés à Aïn-Chock ne soient découverts aussi tardivement.
En ce qui concerne les autorités locales, il est clair que leur responsabilité indirecte est engagée dans ce qui se passait au sein de l’Association musulmane de bienfaisance de Aïn-Chock. Comment se peut-il, en effet, qu’une situation aussi catastrophique n’ait pas été dénoncée par les autorités locales ? La préfecture de Aïn-Chock n’est-elle pas censée intervenir pour mettre fin au calvaire des 700 pensionnaires de l’orphelinat ? N’était-elle pas au courant de ces dépassements ? Si oui, c’est grave, sinon, ça l’est encore plus.
En tout cas, l’enquête qui sera menée par le ministère de la Justice sur le cas de l’association en question devrait aussi se pencher sur tous les aspects de l’affaire dont la responsabilité indirecte pour non-dénonciation des abus enregistrés au sein de l’association.
Ainsi, le geste du Souverain devrait être suivi par une révision globale du système de contrôle des associations caritatives de la part de tous les acteurs concernés.

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