Éditorial : Hardiesse

Qui s’abrite, à commencer par l’intéressée elle-même, derrière la liberté d’expression pour condamner l’ouverture des poursuites judiciaires. Qui trouve que l’accusée est allée trop loin pour ne pas sanctionner un délit constitué dont elle s’est rendue coupable, à savoir l’atteinte à l’institution monarchique.
Tenir des propos aussi provocateurs et diffamatoires appelle normalement une application stricte de la loi. En attaquant bille en tête la monarchie dont elle a jugé la fin proche en décidant qu’elle ne convient pas au Maroc, la fille du Cheikh Abdessalam Yassine n’a pas fait comme elle le prétend une “réflexion académique“. Par cette attaque, elle a foulé du pied dans des proportions scandaleuses le sentiment national de l’ensemble des Marocains qui sont attachés au symbole de leur unité qu’est la royauté. Cette institution, en tant que fondement de la nation, n’est pas sujet à débat, encore moins à contestation.
À partir de là, les propos ou les actes visant à en saper la force ne peuvent être que répréhensibles car attentatoires à ce qui rassemble la communauté de ce pays depuis plusieurs siècles.
Cela dit, il convient de poser cette question de fond : Qu’est-ce qui a fait que Nadia Yassine s’est enhardie à s’en prendre à la monarchie ? Est-elle suicidaire à ce point ? Certes, on connaît la radicalité des positions du mouvement Al Adl Wal Ihssane dont le chef a déjà par le passé adressé à Feu S.M Hassan II un mémorandum intitulé “ l’Islam ou le déluge“ d’une insolence époustouflante. Ce qui avait valu à son auteur une dizaine d’années d’assignation à résidence surveillée avant qu’elle soit levée en 2000 avec l’avènement de S.M le Roi Mohammed VI. Voilà que la fille emboîte le pas au père dans une escalade manifeste avec cette différence près qu’elle s’est servie de la presse que le Cheikh n’avait jamais pu utiliser à l’époque pour publier ses élucubrations. Respect des lignes à ne pas franchir, sinon c’est la loi qui s’appliquait. Ceci, tout le monde le savait parfaitement. 
Aujourd’hui, la donne a changé complètement. Les langues se sont déliées. Cela part dans tous les sens. La confusion est à son comble. C’est ce climat libertin ayant favorisé l’émergence de certains journaux disposés à ouvrir leurs colonnes à n’importe quelle provocation qui est principalement en cause. C’est ce manque de responsabilité, nourri d’un certain laxisme, qui a encouragé le discours nihiliste, séparatiste et intégriste à prendre le haut du pavé. Or, il y a un seuil à tout à partir duquel le silence devient porteur de tous les dérapages.
Les déclarations maximalistes de Nadia Yassine sont le produit de cette situation. Elle a eu à son tour le toupet d’ajouter sa voix au concert de ceux qui ont senti que tout est permis au nom de la jeune démocratie à la marocaine. Il est temps de clarifier le jeu.

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