Éditorial : La force du caractère

Quand l’arbitre a sifflé la fin du beau match à suspense qui a opposé le Maroc à l’Algérie, la mémoire de l’entraîneur Zaki aura certainement remonté le temps. Vingt-quatre ans auparavant, l’ex -gardien avait joué son premier match officiel contre cette même équipe dans un match particulièrement douloureux. Un match retour qui s’est déroulé à Alger après la débâcle de l’équipe nationale au stade d’honneur. A l’aller, les Algériens nous avaient infligé un cinglant 5 à 1 et au retour, l’équipe nationale, totalement remaniée, n’avait pas démérité même si elle avait encaissé trois buts.
Près d’un quart de siècle après la raclée algérienne, Zaki a savouré sa revanche et celle de tous ceux qui n’ont jamais digéré la défaite de 1979.
Par cette victoire historique, dans tous les sens du terme, l’entraîneur national a aussi et surtout rendu la pareille à ses détracteurs qui ont longtemps combattu son intelligence et sa compétence. La force de caractère de ce généreux technicien ne se limite pas à gérer l’adversité, mais aussi, à reconnaître le soutien des autres même s’ils étaient peu nombreux. Il faut reconnaître que malgré une gentillesse et une générosité sans faille, Zaki se distingue par une pugnacité qui vous laisse pantois. Quand il était attaqué par tout le monde, y compris par certains membres de la fédération, il a encaissé les coups sans se départir de son intransigeance. Il nous avait confié, à l’époque, qu’il ne se laisserait influencer par personne et qu’il s’en tiendrait à son programme et à ses choix . Il a tenu parole et réussi dans son entreprise de remanier toute une équipe, tout en calculant les risques. C’est cette force de caractère qui nous manque aujourd’hui dans ce pays où pourtant les hommes sont assimilés à des lions. À preuve, les lions de l’Atlas qui viennent de connaître la jungle de la Coupe d’Afrique n’ont aucunement été intimidés par des fauves attitrés. La force de caractère de Zairi, Hajji, El Karkouri et tous les autres, leur a permis de remonter la pente de la défaite pour descendre facilement et victorieusement la petite colline algérienne. Pour les éternels nihilistes des temps modernes, la force de caractère est aussi imprégnée de patriotisme pour ces jeunes joueurs beurs qui ont préféré la nationalité marocaine aux avantages de la naturalisation. Et être marocain ne signifie pas seulement profiter des libertés offertes par une jeune démocratie pour traiter son pays de tous les noms y compris de le mettre dans les enchères de la traîtrise.
Les Algériens vivent mal malgré leur pétrole et leur gaz et ne bénéficient pas des mêmes libertés que nous. Mais les 20.000 spectateurs qui ont suivi le match contre le Maroc étaient d’un chauvinisme qui a débordé jusqu’à insulter le Maroc et ses institutions. Il s’y est trouvé même des énergumènes qui brandissaient le drapeau de la RASD imaginaire à côté du drapeau algérien. C’est dire que même pour une cause perdue, les Algériens se rassemblent dans un match de football pour exhiber leur nationalisme. Une leçon pour tous ceux qui au Maroc sont en train de jouer avec le feu du séparatisme et d’un nihilisme terrorisant en n’ayant même pas le courage de défendre les droits humains des soldats marocains détenus à Tindouf.
Ces braves soldats, qui pendant un demi-siècle, ont bravé toutes les barbaries de leurs geôliers avec un courage et une force de caractère incroyables.
Emmurés dans les camps de la honte à Tindouf, ils doivent être fiers aujourd’hui de leurs lions de l’Atlas qui ont rugi pour leur dire que le Maroc peut quand il veut.

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