Éditorial : La responsabilité du HCR

Une “Intifada“ a éclaté récemment dans un des camps du Polisario du nom d’Aoussered. Les insurgés n’en peuvent plus de vivre dans des conditions atroces faites de privations et de misère sans entrevoir le bout du tunnel. Absence totale d’avenir. Degré zéro de l’espoir.  Alors, exaspérés, ils ont donné libre cours à leur colère. Mais les gardiens polisariens du camp, vite dépassés par l’ampleur du soulèvement, ont dû faire appel à une unité militaire algérienne pour mater les manifestants. Répression, arrestations, interrogatoires, bastonnades…
Voilà une nouvelle preuve que les populations des camps de Tindouf ne sont pas des réfugiés. Ce sont des hommes et des femmes, des jeunes et des vieillards qui sont maintenus contre leur gré, au cœur du désert, depuis plus de 30 ans, dans une situation de très grande précarité sur fond de désespoir. Cette tragédie humaine a trop duré. Il faut qu’elle cesse.
La communauté internationale doit aller au-delà des simples appels de circonstance qui ne changent rien au quotidien dramatique des populations. Il faut que les camps de Tindouf puissent être non seulement ouverts aux associations internationales des droits de l’Homme mais aussi et surtout être placés sous le contrôle direct du Haut commissariat aux réfugiés (HCR). Pour le moment, le bureau de ce dernier est situé à 40 kilomètres du camp le plus proche. Comment, dans ces conditions, savoir ce qui se passe à l’intérieur et recueillir les plaintes de séquestrés qui, en plus, ne sont pas libres de leurs mouvements ? Il est du devoir de cette instance onusienne de casser cette chape de plomb algérienne qui la maintient très loin des camps. L’objectif étant de permettre à ceux qui veulent les quitter de pouvoir le faire en toute liberté. Une chose est sûre : personne ne tient à rester ensablé dans des logements de fortune où les moindres conditions d’une vie décente ne sont pas réunies alors que les dirigeants parmi les mercenaires mènent une vie douillette à Tindouf-ville aux dépens des séquestrés. En un mot, le rôle du HCR est d’œuvrer d’arrache-pied pour qu’il n’y ait plus de mouroirs à ciel ouvert de ce genre ni à Tindouf ni ailleurs. Autrement, il devient par la force des choses complice du sort très peu enviable imposé à des êtres humains.
Les camps de Tindouf, qui ont déjà connu un soulèvement en 1988, enregistrent tous les jours des atteintes graves aux droits de l’Homme et les pires traitements infligés aux récalcitrants. Toutes les méthodes sont bonnes pour perpétuer un système basé sur la terreur et le chantage. À cela, il convient d’ajouter les détournements massifs de l’aide internationale et les trafics divers animés par le chef du Polisario et sa garde rapprochée. Il n’y a pas plus de peuple sahraoui que de pouvoir civil à Alger. De flagrante, la mascarade est devenue trop lassante. Ça suffit !

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