Éditorial : la télé de Casalta

Éditorial : la télé de Casalta

Avant même sa mise en service prévue en juillet prochain, la nouvelle chaîne de télévision par satellite, Médi1 Sat, le seul projet du genre autorisé par la Haca, se retrouve au centre d’une grosse polémique. Un groupe de journalistes-télé marocains exerçant notamment dans certains pays du Golfe crie à la discrimination à l’embauche. Selon les intéressés, qui se sont portés candidats à des postes de journalistes à pourvoir par cette chaîne de télévision, la commission chargée du recrutement, où ne siège aucun Marocain, aurait donné la préférence à leurs confrères étrangers, se limitant à engager pour le moment un seul et unique journaliste marocain expatrié. Ce qui va évidemment à l’encontre du cahier des charges imposé par la Haca qui oblige, entre autres, les promoteurs de Médi1 Sat à des recrutements à parts égales entre les candidats du cru et ceux des autres nationalités des pays de la Méditerranée. Sans toutefois préciser le niveau d’encadrement concerné et la nature des postes à répartir sur un pied d’égalité : les agents d’exécution ou les hommes qui font la télé, les subalternes ou les cadres ! Flou volontaire ou non, le problème est posé. Et pourtant, Médi1 Sat, créée sur le modèle de Radio Méditerranée Internationale, est une chaîne de télévision à capitaux privés marocains (majoritaires à 56%) et français. Un partenariat qui doit normalement donner  à la partie marocaine voix au chapitre tout au long des étapes de la constitution de cette télévision bilingue. À moins qu’elle n’ait conféré les pleins pouvoirs à son président français Pierre Casalta. Lequel a pris l’habitude, soit-dit en passant de ne pas donner des déclarations à la presse y compris lorsqu’il est mis en cause comme c’est le cas dans l’affaire de Médi 1 Sat !
Mais créer une télévision avec une grande partie de capitaux marocains sous un ciel marocain  mais sans une équipe de journalistes marocains est pour le moins inédit. Comment prétendre “promouvoir l’identité culturelle marocaine“ en excluant les journalistes et les animateurs du pays ?  Difficile à défendre. Sauf si M. Casalta, qui se vit en patron tout-puissant sur un mode paternaliste, a l’intention de créer un média off shore. Une chose est sûre : cette télévision, telle qu’elle se profile à l’horizon, n’a rien de marocain. En tout cas un mauvais départ pour une chaîne qui  ambitionne d’être la "Al Jazeera" du Maghreb.

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