Éditorial : L’état de l’homme

Éditorial : L’état de l’homme

Toujours égal à lui-même depuis qu’il a été expédié à l’extérieur après avoir été le maître de l’Intérieur du Maroc, Driss Basri se rappelle au bon souvenir du Maroc et des Marocains. Cette fois-ci, il se transforme carrément en balance puisqu’il a briefé Jean Pierre Tuquoi pour écrire ce qui est présenté comme un livre-enquête, intitulé “ Majesté, je dois beaucoup à votre père“ réservé aux relations de Jacques Chirac avec feu Hassan II et S.M le Roi Mohammed VI. Un chapitre du livre, bâti au demeurant sur beaucoup de bidonnage, est consacré à la manière dont les autorités marocaines, sous le règne de feu Hassan II, géraient le dossier du Sahara à l’ONU . Des détails inédits, en fait des secrets d’État, qui n’auraient jamais dû être divulgués, ont été reproduits dans cet ouvrage. Seul Driss Basri, qui avait la haute main sur cette affaire et bien d’autres choses, était au courant de ses aspects diplomatiques dont il était aussi l’artisan souvent zélé. Après avoir encensé l’Algérie de Bouteflika et s’être aligné sur sa position hostile dans le conflit du Sahara marocain, le voilà qui monte en puissance dans la félonie, prenant le risque de se mettre à dos y compris les autorités françaises. Pauvre Basri ! Sincèrement, il mérite mieux que le piètre spectacle qu’il donne de “sa grande personne“.  
Une autre dérive de plus de l’ex-ministre de l’Intérieur qui, décidément, rumine toujours jusqu’à l’obsession le fait qu’il ait été écarté du pouvoir par le Roi Mohammed VI.     
M. Basri a le sens de la modestie puisqu’il a coutume, surtout depuis qu’il a été expédié à la retraite, de se présenter en "homme d’État que je suis". En vérité, ses gesticulations renseignent plutôt sur l’état de l’homme. Un homme aux abois, en rupture de ban qui s’est installé dans une drôle de posture. C’est tout à fait le contraire, par exemple, d’un Abderrahmane Youssoufi ou d’un Abdellatif Filali, ex-Premiers ministres du Maroc, qui par leur comportement d’une grande dignité méritent l’un et l’autre la stature d’hommes d’État que l’histoire retiendra à coup sûr. De Driss Basri, qu’est-ce qu’elle gardera ? Probablement les tribulations d’un exilé qui, après sa disgrâce, a préféré la République (française) au Royaume (du Maroc) qui l’a fait et lui a tout donné. Un exilé aigri qui rue dans les brancards et poursuit la presse en justice. Pour une retraite paisible et constructive, c’est vraiment raté. Pour une image de grand serviteur de la monarchie qu’il revendiquait du temps de son maître, c’est également raté. 
Depuis son refuge parisien devenu infernal malgré ses milliards, il ne cesse de tirer à boulets rouges par voie de presse sur l’entourage royal tout en épargnant S.M le Roi Mohammed VI. C’est que ce désespéré milliardaire ne vit que dans un seul espoir : revenir en grâce auprès de la monarchie et surtout reprendre du service comme au bon vieux temps.

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