Éditorial : Pressions

Éditorial : Pressions

Le Maroc subit depuis quelques semaines une pression internationale insidieuse pour qu’il libère un groupe de 37 détenus qui dit être engagé dans une grève de la faim. Faut-il rappeler que les prévenus sont fortement soupçonnés d’être derrière  les derniers troubles de Laâyoune. Dans le lot, il y a Ali Salem Tamek qui clame ouvertement son séparatisme et son appartenance au Polisario et une femme du nom de Aminatou Haïdar dont les mercenaires et leurs soutiens cherchent à faire un symbole de la pseudo cause sahraouie. Certains journaux algériens relaient la thèse du patron du Polisario selon laquelle le Royaume se doit de libérer les prisonniers en question au nom du principe de la réciprocité : les 404 détenus de guerre marocains revenus en août dernier, non sans beaucoup de séquelles physiques et morales, de l’enfer de Tindouf après plus de 20 ans de captivité. Or, force est de constater qu’il ne s’agit pas du tout du même problème. D’abord parce que l’affaire des plus vieux prisonniers du monde, relachés grâce à l’intervention américaine auprès d’Alger,  représente un scandale humanitaire, politique et juridique d’une rare violence que les victimes comptent du reste porter devant le Tribunal pénal international. Ensuite parce que le dossier des 37 personnes qui comparaissent devant la justice marocaine relève d’un registre purement judiciaire en ce sens qu’elles ont été privés de liberté pour avoir enfreint les lois en vigueur au Maroc, précisément dans les provinces du Sud qui font partie intégrante du territoire national. En attendant une solution politique au conflit créé par l’Algérie, le Maroc est chez lui au Sahara. Chose que Tamek et ses compagnons contestent non seulement au Royaume mais ils sont allés très loin en se rendant coupables d’actes portant atteinte à l’ordre public. N’importe quel individu qui se comporterait en fauteur de troubles au Maroc ou ailleurs serait immanquablement traduit en justice et sanctionné. Alors pourquoi ce branle-bas de combat autour des détenus habitant le Sahara ?          
Ces derniers cherchent à politiser l’histoire et à exercer le chantage sur les autorités marocaines par le truchement de la grève de la faim alors qu’ils bénéficient de tous les droits dus à un détenu. En fait, le Polisario et ses protecteurs utilisent cette affaire pour présenter le Maroc sous le visage d’un occupant oppresseur qui ne respecte pas les droits humains. Ce qui est totalement faux. Faire pression sur Rabat pour  libérer  des détenus dont certains ont été condamnés dans le respect de l’État de droit revient à vouloir s’immiscer dans les affaires intérieures d’un pays au nom de l’on ne sait quel droit. Ceci est inacceptable et n’aide pas le pays concerné à consolider son appareil judiciaire. En somme, le dossier des détenus du Sahara n’a rien à voir avec le litige du même nom. Il ne faut pas mélanger les genres. La bande à Tamek  n’a qu’à assumer ses responsabilités. Le Maroc n’a pas le droit de céder.

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