Éditorial : Taxes à l’accés

L’Etat marocain a beaucoup investi dans l’industrie du tourisme sans que ce secteur n’ait connu le décollage escompté. C’est vrai que les paramètres du tourisme sont tributaires de plusieurs aléas qui sont loin d’êtres cartésiens ou scientifiques. Mais il faut reconnaître, tout de même, que les pouvoirs publics ont longtemps fait de la promotion touristique dans le vide en creusant des déficits énormes dans l’argent des contribuables. Et pour cause, nos responsables ont toujours mal vendu le produit Maroc avec un marketing archaïque qui a réduit pendant longtemps l’image de notre pays au chameau et au désert. Heureusement que la tendance a changé même si certaines manifestations du Maroc à l’étranger, des foires et autres tournées promotionnelles, ont été infructueuses. Ceci étant, la stratégie adoptée depuis peu semble ambitieuse sauf qu’il faut lui consacrer tous les moyens en externe comme en interne. Or si un progrès a été réalisé en matière de promotion , il est de plus en plus évident que l’investissement ne suit pas le même rythme même si des mesures incitatives ont été consenties. On a l’impression qu’on a trop investi pour embellir la façade de l’édifice de notre pays en éludant de faire les aménagements nécessaires à l’intérieur. Ce qui n’est pas la faute au ministère du Tourisme mais bel et bien celle des Finances qui continuent d’appliquer à ce secteur une pléthore d’impôts tout aussi rédhibitoires qu’insensés. L’hôtellerie, tout aussi bien que la restauration, est assujettie à pas moins de quatorze taxes sans oublier celles contraignantes des droits de douane. Il est vraiment difficile de digérer des impôts comme afférents à la fermeture tardive, voire à l’ouverture matinale et, pis encore, cette taxe d’accès à la piscine. Or, ce rythme, il ne faut pas s’étonner outre mesure si l’on instaure une taxe d’accès au hall, à l’ascenseur en passant par celle menant à la chambre. Si le comité stratégique du tourisme n’a pas relevé ces dérapages fiscaux qui donnent un coup de boutoir à la compétitivité du secteur, c’est que la promotion du tourisme a un autre sens pour les membres de ce comité. Les professionnels du secteur ont beau évoquer ces handicaps qui augmentent leurs coûts et les rendent fragiles face à leurs concurrents directs. Mais en vain, le ministère des Finances ne semble toujours pas prêt à répondre à des doléances tout à fait justifiées. Les hôteliers marocains ne peuvent être compétitifs quand , juste à côté, leurs homologues tunisiens, bénéficient d’une panoplie d’exonérations fiscales qui rendent leur produit plus attrayant. Dans ce pays voisin comme en Turquie et autres destinations similaires, les importations des équipements touristiques sont soumises à un régime douanier préférentiel. Ce qui n’est pas le cas pour le Maroc où la liste des exonérations des produits importés reste très restreinte avec un montant minimum prohibitif. Un régime conventionnel qui bloque les investissements de rénovation, des taxes multiples qui augmentent le prix de revient de l’annuité et réduit, par conséquent, le chiffre d’affaires des hôteliers. Ce qui n’est profitable pour personne, y compris pour le ministre des finances qui réduit ses recettes fiscales.

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