Hystérie algérienne contre le Maroc

L’attitude algérienne à propos des nouveaux développements du dossier du Sahara marocain, du moins telle qu’elle se manifeste actuellement dans les médias de ce pays, est tellement excessive et débridée qu’elle suscite un certain nombre d’interrogations. Une violence des propos qui n’épargne personne en fin de compte : le Roi du Maroc, la diplomatie marocaine, les autorités saoudiennes, James Baker, l’administration américaine, le Parlement européen et même…Abdelaziz Bouteflika qu’on accuse au bas mot de trahison.
De quoi s’agit-il au juste ? La communauté internationale, exaspérée par l’enlisement dans lequel le dossier du Sahara s’est enfermé depuis plus d’un quart de siècle, du fait essentiellement des pressions et des manoeuvres algériennes, s’apprête via la plus part des membres permanents du Conseil de sécurité à opter pour un règlement définitif de ce contentieux artificiel. Ce règlement reconnaît enfin l’intangibilité des frontières historiques du Maroc et renforce les choix de la sagesse pour lesquels le royaume n’a jamais cessé de plaider. Une approche qui ouvre la voix à une réelle émancipation des populations sahraouies, une fois l’hypothèque de l’armée algérienne levée, notamment sur les prisonniers et les séquestrés marocains retenus en otages sur le territoire algérien. Or, l’Algérie, soutenue par l’Espagne qui s’active dans tout ce qui peut faire diversion et retarder le moment où la question de son occupation colonialiste de Ceuta et Mellilia devra être inévitablement et équitablement réglée, veut absolument ramer à contre-courant. Contre la légitimité de la position marocaine, contre la légalité internationale et contre tout ce qui est à même de dissiper ce brouillard artificiel qu’elle tente de maintenir dans la région. Comme si toute mise au net mettra fin à la fuite en avant de ses dirigeants, bousculés par une situation intérieure dramatique et un vent de l’histoire qui ne s’accommode plus d’un pouvoir autocratique fondé sur la dictature militaire, l’usurpation des richesses nationales et la répression sanglante de toute forme d’expression démocratique ou identitaire.
Pour se rendre compte davantage de ce désarroi algérien, il suffit de parcourir les commentaires des principaux journaux aux ordres paraissant à Alger et voir comment ceux-ci n’hésitent plus devant aucune abjection pour signifier leur amertume devant ce qu’ils présentent déjà comme un échec cuisant de la politique et de la diplomatie algériennes. On ira jusqu’à tenir des propos orduriers et antisémites sur la composition de la délégation marocaine qui a accompagné S.M. le Roi Mohammed VI dans son voyage aux USA. Il est tout simplement indigne de l’Algérie de tenter de prôneur préjudice à des responsables marocains de confession juive, connus pour leur esprit de responsabilité et leur engagement pour les causes justes, y compris quand celles-ci concernent l’Algérie, autrefois comme aujourd’hui. Faut-il rappeler ici que le voyage royal, comme chacun sait, fut consacré essentiellement à des avancées concrètes sur l’épineux dossier du Proche-Orient et notamment sur la mise en oeuvre d’un processus qui mettra fin au calvaire du peuple palestinien victime de la politique extrémiste de Sharon . Ce n’est certainement pas un hasard non plus si les hauts responsables saoudiens sont associés aux mêmes insultes et à des propos fortement désobligeants et indignes, eux qui sont justement en pointe dans l’action arabe et musulmane pour apaiser la tension au Proche-Orient et ouvrir la voie à une solution juste, équitable et permanente au conflit israélo-arabe.
Comme si ces questions prioritaires et fondamentales, qui accaparent l’attention du monde entier, ne sont que balivernes et futilités au regard des maîtres à penser de certains éditorialistes appointés par l’armée algérienne. Mais cette amertume et ce désarroi traduisent en fait la reconnaissance implicite d’Alger que la baudruche qui était montée depuis quelques mois, et relayée en écho par des voies induites en erreur ou simplement complices, prétendant que les Etats-Unis d’Amérique forceraient le Maroc à accepter des solutions contraires à ses droits historiques, n’était en fait qu’un grossier canular.
La propagande algérienne et ses porte-voix se complaisaient à expliquer que les Américains, fortement sensibles au lobby du pétrole, avaient davantage d’intérêts avec l’Algérie qu’avec le Maroc, et qu’au nom de ces affinités ils privilégieraient dans le dossier du Sahara, les vues et les desiderata de l’Algérie.
Or, il est désormais établi que les USA, notamment, et l’Union européenne, à l’instar des principaux pays intéressés à la sécurité et à la stabilité dans la région méditerranéenne et en Afrique, que l’Algérie est l’un des maillons faibles et porteurs de risques pour cette sécurité. Et l’une des priorités pour l’ensemble de la région est d’aider l’Algérie à mieux gérer ses contradictions et ses conflits afin de ne pas déstabiliser cette région extrêmement sensible en termes géostratégiques. Il faut aider l’Algérie à exorciser ce mal morbide qui la ronge.

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