La famille libérale s’organise

Les préparatifs vont bon train pour la tenue du congrès constitutif de l’Alliance des libertés (ADL). L’acte de naissance de cette nouvelle formation sera signé officiellement, le 16 mars, dans un grand hôtel de la place casablancaise. Pour leur première réunion, les promoteurs de ce projet politique, dont la création a été annoncée le 24 janvier 2002, entendent marquer la différence et faire les choses autrement.
Ce ne sera pas, assure un membre du nouveau parti, la grande messe habituelle avec des milliers d’invités aux profils parfois contradictoires pour faire bonne impression en laissant croire que le parti organisateur a une force d’attraction extraordinaire et qu’il mord sur différentes couches sociales. Chez ADL, on a le souci de la forme et le sens l’innovation. Plutôt que de céder à la facilité au risque de reproduire les schémas classiques, ADL veut d’abord faire de son congrès constitutif une occasion de rencontre et de connaissance entre les membres du jeune parti : de 25 à 30 membres par région. Beaucoup de jeunes et de sang neuf. Au total, l’assemblée comptera en tout et pour tout autour de 500 personnes.
Les unes et les autres sont des figures connues dans leurs régions respectives. Le souci étant que ces dernières, grâce à leur prestige local, jouent entre autres le rôle de moteur dans le recrutement des futurs adhérents. La cérémonie de constitution, qui se veut donc sobre et symbolique, sera également marquée par l’allocution de l’initiateur du projet, Ali Belhaj. Une allocution, explicative de la plate-forme d’ADL et de ses objectifs, qui se veut brève et concise. Pas de discours-fleuve de deux ou trois heures qui a plus le don d’endormir la salle que de l’intéresser.
Ensuite, une commission se réunira pour approbation et discussion des statuts qui compte nombre d’innovations : par exemple l’obligation de convoquer les assises d’ADL une fois par an. Le premier congrès du parti est programmé après les élections de septembre. Qu’est ce qui justifie dans le fond la création d’un nouveau parti dans un paysage déjà encombré ? La question se pose avec insistance dans les milieux politiques pour brocarder une carte partisane de plus en plus émiettée. “ Ce n’est pas parce qu’il y a une inflation de partis qu’il faut éviter d’en créer d’autres“, explique un membre d’ADL. Il poursuit : “ On ne peut pas interdire à des gens porteurs d’un projet politique de se constituer en formation politique“.
ADL, qui n’a pas la prétention d’être un parti de masse, a ceci de particulier qu’elle veut se poser en rassembleur et de fédérateur afin justement de “mettre fin à l’émiettement de la vie politique par la multiplication des structures partisanes“.
Une espèce d’UDF (l’union pour la démocratie française) à la marocaine ouverte non seulement aux hommes et aux femmes engagés déjà politiquement ou à ceux et à celles qui veulent le faire mais aussi aux partis politiques déjà existants “ qui dans le cadre d’une alliance libre et assumée veulent arrimer leur structure à une dynamique forte (…)”. Pari ambitieux s’il en est. Cela nécessite d’abord pour être tenu que les intéressés, notamment les structures partisanes qui se retrouvent dans les valeurs défendues par l’ADL, répondent à l’appel lancé par la jeune formation pour donner un contenu aux ambitions de cette dernière dans le sens d’une recomposition souhaitée par tous . Il s’agit des partis d’essence libérale, une sensibilité qui traverse la société marocaine.
Pour le moment, nombre de cadres compétents, se sentant à l’étroit dans leur famille politique, sont sensibles au projet d’ADL et aux valeurs qu’elle compte promouvoir tels que Anas Zemrani et Younès Laraki. Parmi les chefs d’entreprise, on peut citer Taoufik Ibrahimi, président de la Comanav, Khalid Oudghiri de la BMCI, Ilham Tahiri, cadre à la RAM…
Ces hommes et d’autres partagent des valeurs “fondées sur la liberté, la solidarité et la responsabilité dans le respect de notre identité séculaire“ énoncées dans la plate-forme du nouveau parti qui a bien l’intention de bousculer le paysage politique national.

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