Le cri de Naïrobi

A Monsieur le ministre des affaires étrangères et de la Coopération Objet : recrutement de personnel par la société Al Najat sur les bateaux de croisière.
J’ai l’honneur de vous faire parvenir un article publié par le quotidien kenyan « The People » dans son édition du vendredi 31 mai 2002 et consacré aux 30.000 emplois offerts par la société Al Najat pour travailler à bord de bateaux de croisière en Europe. Le journal kenyan s’est basé sur l’article consacré à cette affaire par la publication marocaine « Aujourd’hui Le Maroc».
A cet égard, il y a lieu de souligner que la même société basée aux Emirats Arabes Unis a été récemment derrière une grande escroquerie de l’ordre de 100 millions de shillings (soit environ 1.278.000,,, USD) selon un rapport du gouvernement.
Ladite société a en effet lancé une campagne de recrutement par le biais d’agences kenyanes en vue d’employer 50.000 kenyans sur les bateaux de croisière en Europe moyennant une somme de 9500 K. shillings (soit 120 dollars américains).
Selon la presse kenyane, il y aurait 10.031 postulants qui se sont fait escroquer par les agences de recrutement qui leur ont promis un salaire mensuel alléchant de 760$ et 3$ pour chaque heure supplémentaire en plus de leur hébergement et leur nourriture.
A la suite de ce scandale, le ministre Kenyan du travail, M. Joseph Ngutu, a confirmé que les 50.000 emplois n’existent pas et que les victimes récupéreraient les sommes payées aux agents recruteurs.
Parmi ceux-ci figure l’ex-Directeur intérimaire de l’Emploi, M. George Hamisi Odenyo, suspendu en novembre 2001 pour avoir engagé le gouvernement dans ce processus de recrutement fictif.
Le ministre du travail a également demandé au département d’investigations criminelles d’entamer son enquête et d’appréhender toutes les personnes impliquées dans cette arnaque à grande échelle.
Selon certaines sources, le gouvernement aurait été en possession de preuves révélant la non-existence des fameux emplois. Ainsi, dans une lettre datée du 15 août 2001, le Directeur de la Fédération Internationale du Transport, M. Tony Mc Gregor, a fait part au ministère du Travail de ses doutes sur l’existence de tels emplois. Par ailleurs, M. Ali Pasha, Directeur de la société Al Najat, a toujours refusé de nommer le consortium pour lequel il voulait recruter les 50.000 employés kenyans, ce qui corrobore l’idée d’arnaque qui entache l’opération de recrutement en question.
Il y a lieu de noter également que la délégation dépêchée par le ministre du Travail aux Emirats Arabes Unis en juillet 2001 était sceptique quant à l’existence d’un nombre aussi important d’emplois confiés à une société comptant trois personnes et opérant de surcroît dans le secteur de la ferraille.

Mohamed Chraïbi

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