Le ministre de l’Intérieur déclare la guerre à la «Chicha»

Le ministre de l’Intérieur déclare la guerre à la «Chicha»

La lutte contre la consommation du narguilé revient sur le devant de la scène. Le ministère de l’Intérieur a annoncé, mardi 2 juin, sous la coupole du Parlement, que les autorités locales ont pris «des mesures pratiques» visant à lutter contre la consommation du narguilé dans les lieux publics. Parmi les mesures préconisées par le ministère figure la promulgation des lois interdisant sa consommation dans les cafés et restaurants, sous peine de fermeture. Rien qu’en 2009, il a été procédé à l’arrestation de 667 personnes et à la saisie de 783 narguilés. De même depuis cette année, 241 cafés ont été fermés pour consommation de narguilé. Selon le département de l’Intérieur, «les services de sécurité veillent à assurer une surveillance très étroite de ces zones, à travers la multiplication des rondes et le renforcement des contrôles de ces endroits par les brigades de mineurs, relevant de la police judiciaire». Des mesures qui ont commencé à donner leurs fruits. Le ministre de l’Intérieur a affirmé, dans ce cadre, que durant les cinq premiers mois de l’année en cours, les arrestations n’ont pas dépassé les 70 et les saisies de narguilé 46. «La consommation du narguilé est souvent assortie de comportements attentatoires à la morale et à la santé publique», a souligné M. Cherkaoui. Et de rappeler que «depuis la promulgation, le 29 avril 1991, de la loi interdisant l’usage et la publicité du tabac dans certains endroits les différentes préfectures et provinces du Royaume ont décidé des mesures préventives visant à lutter contre l’usage du tabac dans les lieux publics, à travers notamment des activités visant à sensibiliser contre les méfaits de la consommation du narguilé dans les lieux publics». Dans le même esprit, le ministre n’a pas manqué de mettre en avant les efforts déployés par l’Association Lalla Salma de lutte contre le cancer, ayant adopté un programme intégré avec pour objectif majeur la sensibilisation contre les méfaits du tabagisme. Toutefois, étant donné l’absence jusqu’à présent d’un texte de loi interdisant expressément la consommation du narguilé dans les lieux publics, ne s’agit-il pas d’une bataille menée par l’Intérieur hors la loi? «Les autorités publiques mènent une campagne de lutte contre la propagation de l’usage de cet instrument dans les lieux publics, dans le souci de préserver l’hygiène publique. Ceci dit, pour l’instant il n’y a absolument pas de texte de loi qui interdit clairement et expressément la consommation du narguilé. Toutefois, il est possible de l’assimiler à la consommation de la drogue interdite et réprimée par le Code pénal étant des produits toxiques nocifs», affirme Me Mohamed Aqdime. Le PJD, ayant évoqué récemment à la Chambre des représentants le problème de la consommation du narguilé, a une autre vision de la chose. «Ce que nous revendiquons aujourd’hui c’est la réglementation de la consommation du tabac en général. Les décisions administratives et les rondes des services de sécurité et l’interpellation des cafés ne suffisent pas (…) L’urgence concerne la mise en application de la loi 15/91. Un référentiel juridique, c’est tout ce qu’il nous faut aujourd’hui. Par la suite, nous pouvons y ajouter des dispositions concernant l’interdiction express de la consommation du narguilé dans les lieux publics». La lutte contre le narguilé a commencé en 2004. La wilaya du Grand Casablanca avait décidé, par arrêté N°5 du 22 septembre 2004, d’interdire la consommation du narguilé à eau dans les lieux publics. Depuis lors, la lutte continue en s’intensifiant d’un temps à l’autre, en l’attente d’une loi pénale qui servira de base juridique solide aux actions menées par les autorités publiques dans leur guerre contre le narguilé.

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