Le PAM poursuit Abdelilah Benkirane en justice

La tension entre le parti dirigé par Mohamed Cheikh Biadillah et le parti islamiste de Abdelilah Benkirane est encore loin d’être apaisée. Lors d’une réunion du bureau national du PAM tenue, mercredi 22 juillet, le parti a décidé de poursuivre en justice le secrétaire général du PJD ainsi que l’ex-membre de ce parti à Oujda Abdelaziz Aftati. Une poursuite qui se justifie, selon Samir Aboulkacem, membre du bureau national du PAM, joint par ALM, par «les propos diffamatoires tenus par ces derniers tout au long de la campagne électorale contre les dirigeants du PAM». La poursuite contre les deux responsables du PJD aura lieu, selon M. Aboulkacem, auprès du tribunal de Rabat en ce qui concerne Abdelilah Benkirane et le tribunal d’Oujda s’agissant de Abdelaziz Aftati. La nouvelle démarche du PAM fait suite au communiqué du parti rendu public, mardi 14 juillet, indiquant que le parti a décidé d’entamer des poursuites judiciaires contre le PJD «en raison du discours de ce parti et ses positions hostiles et agressives, émaillées de diffamation et d’accusations graves à l’encontre des dirigeants du PAM».
Toujours concernant Abdelaziz Aftati, M. Aboulkacem a précisé que les membres du bureau national du PAM ont débattu de la correspondance adressée par cet ex-député du PJD à l’ambassade de France à Rabat. «Les membres du bureau national du PAM se sont accordés pour affirmer que cette démarche est très dangereuse. Il s’agit de faire intervenir un Etat étranger dans les affaires intérieures du Maroc. L’attitude du PJD demeure incomprise. D’une part, ce parti se réclame être fermement attaché à l’identité nationale et au référentiel islamique et d’autre part, l’un de ses membres dirigeants se permet d’adresser une lettre à l’ambassade de France», a précisé le membre du bureau national. Samir Aboulkacem a indiqué que son parti a établi un communiqué dans ce sens, et a décidé d’adresser une lettre au Premier ministre, Abbas El Fassi et au ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, les invitant à accomplir leurs charges concernant cette affaire. Ceci dit, et loin des relations entre le PAM et le PJD, une source proche du PAM a affirmé à ALM que les membres du bureau national ont examiné, également, lors de leur réunion, les derniers développements à Marrakech, suite au limogeage du wali de cette ville, Mounir Chraïbi, dans le cadre de l’affaire de l’annulation des élections dans la circonscription de Menara. «Les membres du bureau national du PAM suivent de près les derniers développements à Marrakech. Une cellule de crise, composée de responsables régionaux et de conseillers du parti a été, ainsi, mise en place à Marrakech afin d’assurer le suivi des événements. Certes, la question relève de la compétence des autorités administratives qui doivent accomplir leur mission dans cette ville, mais il était de notre devoir de mettre fin à une alliance qui a eu lieu à Marrakech entre le pouvoir de l’argent et les autorités administratives», a indiqué cette source.  Par ailleurs et toujours selon la même source, les membres du bureau national ont évoqué la question des alliances du PAM avec d’autres partis politiques. «Lors du scrutin du 12 juin, le PAM a conclu des alliances tactiques et pragmatiques qui correspondent à la nature des élections communales. Aujourd’hui, notre parti a entamé des communications avec les responsables d’autres partis politiques, afin de débattre des possibilités de coordination et d’alliances stratégiques au niveau national. Pour l’instant personne n’est exclu mais nous visons essentiellement les huit partis politiques qui ont obtenu le plus de voix lors du scrutin du 12 juin», ajoute la même source.

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