Les agents recruteurs du terrorisme international ciblent les jeunes MRE

Les agents recruteurs du terrorisme international ciblent les jeunes MRE

Les Marocains d’ailleurs risquent de ne plus faire parler d’eux qu’à travers des affaires de terrorisme. Il ne se passe presque pas une semaine sans qu’un ressortissant soit interpellé, arrêté, mis en accusation ou carrément jugé pour terrorisme. «Un lance-roquettes  a été saisi chez Abderrahim Bekhti», révélait le parquet fédéral belge le 28 novembre dernier, à l’issue d’une vaste perquisition dans les domiciles de ressortissants qui seraient liés au réseau d’Abdelkader Belliraj. A peine apprend-on cette nouvelle provenant de Belgique que la police italienne annonce, déjà, l’arrestation de Rachid Ilhami, 31 ans, et Abdelkader Ghafir, 42 ans, accusés de «terrorisme international». Selon le parquet italien, «les deux suspects projetaient des attentats contre deux casernes, une de l’armée et une autre des carabiniers, dans la périphérie de Milan, et pensaient dans ces cas procéder à un attentat suicide». Ayant dans un premier temps pensé partir pour l’Irak ou l’Afghanistan, MM. Ilhami et Ghafir «se sont convaincus qu’une action jihadiste pouvait être lancée sur le sol italien», expliquait le parquet italien. Changement de cap. S’agissant d’Irak, les Marocains sont toujours classés au top 10 des jihadistes provenant de l’étranger. Selon les services américains, ils seraient plusieurs centaines à avoir pris le chemin de Bagdad depuis l’invasion anglo-américaine.  Au suivant… Attentats de Madrid : une peine de 20 ans de prison ferme est requise contre Hicham Ahmidan suspecté d’avoir participé aux attentats contre la gare ferroviaire de la capitale espagnole. La récente extradition d’Abdellah Ahriz par l’Espagne, à la demande de la justice marocaine, remet encore une fois sur le tapis l’activisme notoire de ressortissants marocains en Occident, notamment en Europe.
La chasse aux « bombes humaines » marocaines risque de révéler d’autres surprises encore plus désagréables, en ces temps où l’Europe, comme sur d’autres continents, les préparatifs pour les festivités du Nouvel An vont bon train.
Face à cette situation, surgissent des questions angoissées : Mais qu’est-ce qui fait que les ressortissants marocains à l’étranger cultivent aujourd’hui le titre non glorieux de « champions » de l’Internationale terroriste ? Qu’est-ce qui est derrière le fait que le Maroc est en train de se forger, malgré lui,  la triste image de «terreau du terrorisme» ? Cette image pas du tout reluisante ne vient-elle pas signer la fin de «l’exception marocaine» ? Pourquoi succombe-t-on, aujourd’hui, facilement à la tentation des sirènes bêlantes du terrorisme ?
Les horribles attentats terroristes du 16 mai 2003 ont jeté à la face des Marocains une vérité que l’on avait grand-peine à admettre : c’est que le Maroc n’était pas à l’abri du terrorisme. Il était bel et bien dans la ligne de mire de l’Internationale terroriste.
Une guerre sans merci s’engage alors contre le fléau terroriste. Le Maroc s’est doté d’un puissant arsenal législatif pour contrer le danger terroriste : la loi antiterroriste. Une trentaine de cellules terroristes ont été démantelées. Le processus de «kaboulisation» du Maroc n’a, heureusement, pu passer par le Maroc. Mais si le Maroc a pu nettoyer en interne les foyers terroristes, dormants ou en activité, les ressortissants marocains à l’étranger ont souvent constitué une proie facile pour les agents recruteurs d’Al Qaïda. Ces derniers ciblaient, en particulier, la troisième génération des MRE. Les agents de Ben Laden ont pu exploiter la précarité sociale de ces jeunes, et les erreurs de la politique arabe des Etats-Unis, pour les rallier à l’idéologie de la terreur. Le Maroc, qui a su remettre de l’ordre au plan interne, devait donc se tourner vers ses ressortissants établis à l’étranger pour les prémunir contre la tentation terroriste. Dans cet esprit, il y a lieu de constater que les autorités religieuses du Royaume mènent un travail de sensibilisation sans relâche auprès des jeunes ressortissants en Europe. La formation et l’envoi de prédicateurs nationaux en Europe attestent de la conscience du danger et dénote une volonté farouche de prémunir les nôtres contre le fléau terroriste. La coopération des autorités marocaines avec leurs homologues européennes est également là pour certifier l’engagement du Royaume pour sauver ses ressortissants exposés. Un long chemin reste toutefois à parcourir pour replâtrer l’image du pays, celle que les Marocains appellent de leurs vœux et hautes luttes : ce beau Maroc de dialogue et de rencontre. 

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