Les banques face aux impayés

Les PME se plaignent de l’accès difficile au financement, à cause, entend-on souvent, des procédures draconiennes. En fait, pour les banques, l’application des règles conventionnelles en matière de traitement des dossiers de crédit relève d’une question de survie.
La preuve, l’ensemble des créances en souffrance supportées par le système bancaire marocain est de l’ordre de 43 milliards de dirhams. C’est le P-dg de la BMCE, Othman Benjelloun lui-même qui le rappelait lors d’une journée d’étude sur les rapports entre tribunaux de commerce et pratiques bancaires, tenue au mois de mai dernier.
La récupération de cette masse liquide repose en grande partie sur les tribunaux de commerce. Pour les banquiers, la surliquidité dont leur reprochent leurs partenaires a pour seule résultante la manne financière drainée par les MRE ou encore les ponctuelles opérations de privatisation. «Cela résulte rarement des activités des PME», déclare un analyste financier de la place.
Quant aux créances non acquittées, elles relèvent souvent des impayés accumulés par les grands groupes qui, non seulement bénéficient de crédits à des taux abordables (marge de risque non tenue en compte pour les gros comptes), mais aussi peuvent avoir accès au crédit avec comme seule garantie la taille et la notorièté. «La ventilation des créances en souffrance a toujours fait ressortir que ce sont les PME qui sont les meilleurs clients», conclut un banquier, convaincu toutefois qu’un changement de mentalité est indispensable dans les deux sens.
Dans leur bras tendu aux banques, les PME étaient favorables à l’élaboration d’une charte d’éthique commune, situant les droits et devoirs de chacun. Une injonction restée jusque-là sans écho.

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