Les chantiers de la réforme

Le ton a été donné en 1993. Depuis, la Bourse de Casablanca a connu plusieurs réformes. L’intérêt est d’assurer une plus grande liquidité du marché. Vu les intérêts qui étaient en jeu, les réformes ne se sont pas faites sans heurts. Elles n’auraient pas pu voir le jour sans que certaines conditions ne soient réunies. D’abord, par le lancement du processus de libéralisation, puis par l’élaboration d’un projet de loi pour spécialiser l’intermédiation boursière en confiant cette mission à des entités indépendantes appelées sociétés intermédiaires en bourse. Ces entreprises ont pour objet principal l’exécution des transactions sur les valeurs mobilières par la participation au placement de titres émis par des personnes morales faisant appel public à l’épargne. Ces sociétés doivent, rappelons-le, disposer d’un capital de 1,5 million de DH. Pour les sociétés de bourse qui font de la contrepartie, leur capital est de 5 millions de DH. Elles doivent avoir une autorisation pour exercer leurs activités, délivrée par le ministère des Finances, après avis du conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM). L’innovation importante porte sur la concession aux professionnels du marché la gestion de la Bourse de Casablanca. En passant d’un statut d’établissement public à la forme d’une société anonyme dont le capital est souscrit dans son intégralité par les sociétés de bourse. Dés 1997, l’autorité du marché commence à serrer l’étau sur les sociétés de bourse. En lançant les premières mises en garde aux sociétés contrevenantes. Parallèlement, il faut souligner que depuis 1998 le marché de la criée à été remplacé par un système de cotation électronique. Ce qui a permis le renforcement de la sécurité des transactions. Par ailleurs, la non-instauration jusqu’à présent du système de règlement-livraison simultané, constitue un handicap pour l’alignement de notre jeune place boursière sur les normes internationales. Ce qui explique entre autres la déprime que connaît le marché. Notons aussi que la place est soumise à des très fortes contraintes qui constituent de véritables obstacles à son développement. Parmi les handicaps qui reviennent souvent sont liées en grande partie à la mise en place d’une politique d’épargne incitative pour les épargnants aussi bien pour les institutionnels que les particuliers. Pour relancer, il est impératif d’encourager davantage les OPCVM (Organisme de Placement collectif de Valeurs Mobilières) qui devraient proposer au grand public des placements plus avantageux que les placements obligataires ou monétaires et par la suite plus rentables pour les souscripteurs . Sans oublier pour autant le fameux plan d’épargne en Action. Ce mécanisme a d’ailleurs fait ces preuves dans d’autre pays en matière d’encouragement à l’épargne. Pour donner un coup de fouet à l’épargne boursière. Les professionnels du secteur boursier devraient quant à eux faire preuve de plus de rigueur, de respect de l’éthique et de déontologie et surtout de beaucoup de professionnalisme. Le but étant de mettre en place un marché financier répondant aux normes internationales. D’autant plus que l’équilibre entre les standards internationaux et la réalité du terrain n’est pas toujours évident. Mais l’essentiel est de faire accélérer la vitesse de prise de décision en passant aux actions concrètes rapides et efficaces.

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