Les lots virtuels

Il faut toujours se méfier des offres promotionnelles, surtout en immobilier. Un groupe de citoyens l’ont appris à leurs dépens. Un encart publicitaire rédigé en arabe paru dans la presse nationale en 1996 vantait l’offre du lotissement Al Bouhaïra d’une superficie d’un peu plus de 72 hectares, situé dans le quartier Al Awama à Tanger. Cette opération fera l’objet en même temps d’une campagne publicitaire dans certains pays d’Europe destinée à la communauté marocaine.
Le promoteur, la société Nord Immobilier appartenant à Abderrazak Karrakchou, faisait état de facilités de paiement à l’occasion du mois du Ramadan : “ Pour un lot qui coûte 55.000 Dhs, l’acheteur pouvait en être propriétaire en déboursant la somme de 2.000 Dhs par mois“. Aucune avance n’était exigée. Une autre annonce, en français cette fois-ci, met en exergue le lotissement en question. Situé au sud de la ville de Tanger, le lotissement, entièrement viablisé, vous offre l’opportunité d’acquérir un lot de terrain entièrement équipé avec toutes les commodités pratiques et confortables : mosquée, four, hammam, écoles, collèges, lycées, crèche, maison de jeunes, centre de santé, espaces verts, parking… La belle affaire. En fait, un attrape-nigaud. Cette proposition, aux apparences alléchantes, a fait pas moins de 385 victimes dont 150 sont des MRE. Le compromis de vente sera même établi entre l’acheteur et le promoteur.
Trois années passent. Et les clients ne voient rien venir alors qu’ils ont payé leurs mensualités. Entre-temps, le promoteur, M. Karrakchou, disparaît dans la nature. Avec un très joli pactole. Il serait à l’étranger. Le pot-aux-roses sera découvert. Le lotissement en question n’appartient pas à l’entreprise Nord immobilier. C’est ce qui ressort des documents de la conservation foncière de Tanger : ce terrain est enregistré au nom d’autres personnes qui n’ont rien à voir avec le soit-disant projet immobilier. L’arnaque. Et dire que les autorités locales de l’époque sont allées jusqu’à inaugurer cette grosse imposture. Grugés, les candidats aux lots fictifs ont porté l’affaire devant le Tribunal de première instance de Tanger. Ils attendent toujours de récupérer leur dû…dans un dossier qui n’en finit pas de traîner.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *