Les marocains, la politique et les élections

«Maroc 2020 » vise à instituer un processus de consultation de l’opinion publique face à des sujets d’importance. Comme l’a déclaré Mohamed Berdouzi, membre de l’association qui a supervisé l’étude, lors d’un point de presse où il a annoncé le bilan de ce sondage: «Nous faisons un bilan perceptif.
L’objectif de ces résultats est de servir à qui de droit, à savoir l’élite partisane et politique, la société civile ainsi que les citoyens». Vu l’importance de connaître l’état de l’opinion marocaine et ses attentes pour l’avenir politique du pays, l’association « Maroc 2020 » a lancé en septembre dernier une série d’études sur « les perceptions des citoyens envers la vie politique du pays ». L’étude réalisée en avril 2002 a exploré le positionnement des Marocains, leurs attitudes vis-à-vis des élections et des partis et groupements politiques, leurs attitudes face à l’action et les priorités du gouvernement et enfin l’attitude des citoyens face à leur avenir de façon plus générale. Les sondages ont été réalisés en face à face, au domicile des enquêtés.
L’échantillon de 1200 questionnaires, à la demande de «Maroc 2020 » est représentatif de la population marocaine âgée de 20 ans et plus et ayant le droit de vote, en termes d’âge, de sexe, de catégorie sociale, de répartition régionale, de répartition par type d’habitat. Cependant, nous n’avons toujours pas de tradition de sondage au Maroc et par conséquent, les Marocains ne font pas confiance à ce genre d’enquête.
Les partis politiques sont apparemment loin d’apprécier l’idée de sondage, ou du moins ils ne s’y intéressent pas. Or, il ne peut y avoir d’opinion crédible sans sondages. Les seules tentatives dans ce sens incombent à des associations. Et même dans ce cas, le champ d’exploration tourne toujours autour des impressions des citoyens sur l’activité, le bilan et les politiques du gouvernement. A ce stade, il n’y a pas besoin de sondage pour savoir que les Marocains sont lassés par ce type de «questionnaires» : Que pensez-vous des partis politiques ? Des élections et des modes de scrutin ? De la participation aux différents processus ? De l’avenir en général ? Il serait plus plausible d’interroger les citoyens sur leur propre situation, ce qu’ils pensent du chômage, de l’habitat, de l’immigration. Les gens jugent les choses à partir de leur propre mode de vie.
Les sondages à l’échelle universelle disposent de normes scientifiques, méthodologiques et techniques. Bien qu’ils soient réalisés par des êtres humains, ce qui implique le risque de l’erreur, si cette activité est instituée de vrais sondages pourraient refléter une certaine opinion. La solution dépendra toujours des circonstances caractérisant chaque démarche de sondage. Tous sont susceptibles d’éprouver des difficultés lorsqu’il est temps de formuler les questions d’un sondage. Les problèmes rencontrés le plus souvent ont en commun la difficulté de communiquer au répondant ce qu’on désire exactement savoir de lui.
En premier lieu,selon le spécialiste Frédéric D’Astous, il est important que le sondeur précise son objectif global. Quel problème veut-on solutionner ? Quel est « LE » motif de ce sondage ? C’est ce qui permettra d’éviter de poser des questions à côté du sujet. Trop souvent un questionnaire est allongé par des questions qui semblent intéressantes, mais qui sont inutiles pour comprendre le sujet précis du sondage. Or, qui dit questionnaire trop long dit aussi taux de réponses plus bas. D’où, l’importance d’identifier clairement la priorité d’un sondage. Il est primordial de résister à la tentation d’identifier plus d’un objectif. Dans certains cas, la difficulté à identifier un seul objectif pourrait camoufler une imprécision au niveau des attentes par rapport à la démarche de sondage. Disposons-nous d’institutions qui répond à de telles conditions ?

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