Les services de sécurité déjouent une tentative d’évasion de détenus islamistes

Les services de sécurité déjouent une tentative d’évasion de
détenus islamistes

Un plan d’évasion a été déjoué à la prison centrale de Kénitra, ces derniers jours. Le projet, qui était à sa phase finale, avait été planifié par des détenus de la Salafiya Jihadia incarcérés dans la prison centrale de Kénitra et condamnés, pour la plupart, à la peine capitale ou à la réclusion à perpétuité pour terrorisme. Selon une note d’information rendue publique par les services de sécurité et citée par l’agence MAP, le plan a échoué grâce à une intervention de la police.
Contacté par ALM, Abderrahim Mouhtad, président de l’association Annasir, a indiqué que «ce qui est sûr, c’est que depuis quatre ou cinq jours, trois détenus ont fait l’objet d’interrogatoires dans le cadre des poursuites engagées contre eux. Je pense que ces interrogatoires pourraient être liés à la découverte de cette tentative».
Selon des sources informées, les détenus, dont le projet d’évasion était à sa phase ultime, ont pu s’assurer la complicité de quatre de leurs acolytes en dehors de la prison. Ces derniers devaient les prendre en charge une fois l’évasion réussie. Le nombre de détenus islamistes impliqués dans cette tentative d’évasion n’a pas été précisé. Mais, les mêmes sources indiquent qu’il s’agirait de Abdelkader El Otmani, Mouhssine Bouaarfa et Taoufik El Hannouichi.
Un observateur des affaires islamistes estime, dans une déclaration à ALM, qu’il y aurait un lien direct entre cette opération et l’arrestation de Mohamed Chetbi, l’un des neuf terroristes qui s’étaient évadés de la même prison, le 7 avril dernier. Arrêté, il y a quelques jours,  Chetbi aurait révélé l’existence d’un deuxième plan d’évasion. Rappelons que Mohamed Chetbi, a été arrêté le 1er mai à Rabat en compagnie de deux complices soupçonnés de lui avoir «donné refuge pour le soustraire aux recherches ».
Les services de sécurité ont annoncé que les détenus impliqués dans cette tentative d’évasion seront présentés à la justice. De son côté, M. Mouhtad tire la sonnette d’alarme et indique que le danger ne vient pas seulement de ceux qui sont déjà emprisonnés. «Il faut savoir que d’autres détenus, beaucoup plus dangereux, ont presque purgé leurs peines et s’apprêtent à sortir d’ici l’été», souligne-t-il.
Depuis l’évasion d’avril dernier, les services de sécurité, toutes branches confondues, ont accentué les opérations de recherche dans les villes ainsi que dans les campagnes pour retrouver les 8 autres évadés.
Il est à rappeler que cette évasion, entre autres, a révélé des défaillances structurelles et fonctionnelles dans le système pénitentiaire marocain. Le mardi 29 avril dernier, SM le Roi Mohammed VI a nommé Hafid Benhachem délégué général de l’Administration pénitentiaire et de la réinsertion. Une nomination qui entre dans le cadre de la volonté de donner une impulsion réelle à la réforme de cette administration. Le nouveau délégué général sera assisté de deux directeurs. Le premier, chargé de la sécurité et l’autre s’occupera du volet social. Deux tâches qui ont été assignées respectivement à Soufiane Ouamrou, un professionnel de la sécurité et à Mustapha Hilmi qui veillera à la  bonne gestion de l’action sociale et culturelle au profit des détenus. Notons que, pas plus tard qu’en fin de semaine dernière, Soufiane Ouamrou s’est déplacé à la prison centrale de Kénitra où il s’est entretenu avec les détenus islamistes qui sont en grève de la faim. Un début de dialogue qui pourrait aboutir à une normalisation de l’incarcération de ces détenus.

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