Les syndicats lorgnent les élections

Les syndicats lorgnent les élections

Alors que les spéculations vont bon train sur la date des prochaines élections notamment professionnelles, les syndicats, eux, ne chôment pas et préfèrent se positionner en perspective des prochaines échéances. Les récentes fuites dans la presse nationale sur la tenue des élections locales, régionales et professionnelles avant le mois de Ramadan n’ont fait qu’attiser davantage la convoitise des différents syndicats. Outre la programmation de meetings dans les différentes régions, les syndicats multiplient les réunions en interne.  Chacun tentera à la veille des élections de se positionner et surtout marquer son territoire. Mais cela se traduit souvent par des mouvements de grèves qui prennent l’allure de véritables démonstrations de force. Les confrontations deviennent plus tumultueuses lorsque deux ou plusieurs syndicats se disputent le contrôle d’un secteur donné. C’est le cas actuellement à l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail) où l’UMT (Union marocaine du travail), syndicat majoritaire, voit d’un mauvais œil l’incursion de l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc). La confrontation a frôlé l’accrochage entre les partisans des deux côtés récemment lors d’un sit-in devant le siège de l’Office à Casablanca. Dans le secteur de la Justice ce sont deux autres syndicats qui se disputent la barre de commande. Le syndicat démocratique de la justice, affilié à la FDT, accuse l’UNTM, relais syndical du PJD, de profiter de la présence d’un ministre pjdiste à la tête du ministère pour se renforcer. Résultat, les grèves qui ont paralysé pendant des mois les tribunaux l’année dernière risquent de repartir de plus belle. «Les membres de notre syndicat dans la justice ont remarqué certaines décisions de la part de certains responsables, destinées à favoriser un autre syndicat. La FDT est contre ce genre d’agissements», souligne Abderrahmane Azouzi, secrétaire général de la FDT. Ce dernier affirme que son syndicat se réserve le droit de réagir. Mais l’UNTM ne voit pas les choses sous le même angle. Mohamed Yatim a confié à ALM que les déclarations des syndicalistes de la FDT sont infondées. «Nous avons effectué notre entrée dans le secteur de la justice lorsque Abdelouahed Radi était encore ministre. Est-ce que cela veut dire pour autant que Radi qui est également premier secrétaire de l’USFP favorisait notre syndicat au détriment du synidcat de son parti ?», s’interroge M. Yatim. Et d’ajouter : «Je pense que les accusations viennent dans un contexte marqué par les préparatifs pour les prochaines élections professionnelles. Il faut dire que nos résultats dans les dernières élections n’ont pas été appréciés par les autres syndicats». Ainsi, la confrontation entre les différents syndicats pourrait s’élargir et toucher d’autres secteurs à l’approche des élections. Les enjeux sont d’ailleurs importants. En effet, la nouvelle configuration de la Chambre des conseillers a réservé vingt sièges aux syndicats. Pour rappel, lors des discussions avant l’élaboration et l’adoption de la nouvelle loi organique, les centrales syndicales ont tout fait pour augmenter leur part dans la Chambre des conseillers. Les syndicalistes vont finir par avoir gain de cause en voyant leur part atteindre 20 sièges dans la nouvelle configuration. Mais en dépit de cette augmentation, les places restent limitées surtout lorsqu’on sait qu’au moins cinq syndicats doivent se partager les sièges. Ces derniers savent que seuls les plus forts pourront glaner un maximum de sièges.

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