Les syndicats revendiquent un Smig à 3000 DH comme début de réponse à la crise du pouvoir d’achat

Les prix flambent, la colère gronde. Tout le monde, bien tout le monde, en convient. La hausse des cours de pétrole et l’envol des prix des produits alimentaires n’ont pratiquement épargné aucun pays. Mais, cette conjoncture mondialement difficile prend, de ce côté de la planète, un accent encore plus grave. L’érosion du pouvoir d’achat continuera de s’aggraver tant que rien n’est fait pour relever le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). C’est l’essentiel même du nouveau round du «dialogue social», prévu dans le courant de la semaine prochaine. Le gouvernement s’applique déjà à l’examen des moyens pour désamorcer la « bombe sociale» qui s’annonce. Depuis novembre dernier, l’actuel Exécutif mobilise des commissions techniques fonctionnant de manière sectorielle dans le but d’apporter, – comme l’a dit dans un geste d’apaisement le ministre de l’Emploi, Jamal Rhmani, à la veille du prochain round -, des réponses aux «principales revendications» des centrales syndicales, notamment la question épineuse du relèvement du SMIG. Du côté des syndicats, c’est également la mobilisation générale pour faire valoir leurs revendications. « Les dernières hausses des prix ont porté un coup dur au pouvoir d’achat des citoyens, d’autant plus dur que le relèvement du SMIG est aujourd’hui une exigence incontournable », relève Abderrahman Azzouzi, secrétaire général de la Fédération démocratique du travail (FDT).
Ce son de cloche est relevé chez le dirigeant de l’Union générale des travailleurs marocains (UGTM). «Le coût de vie s’élève de manière préoccupante», a-t-il fait constater. Même constat chez le secrétaire national de l’Union marocaine des travailleurs (UMT). Cela étant dit, les revendications sur la question particulière du SMIG diffèrent d’un syndicat à l’autre. Du côté de l’UGTM, on parle d’une révision à hauteur de 50% du montant actuel du SMIG qui est de l’ordre de 1858 dirhams. « Compte tenu du niveau de vie actuel des citoyens, et eu égard à la hausse mercuriale des prix, le SMIG doit être fixé à 4000 dirhams», plaide Benjelloun Andaloussi, qui précise que le SMIG, tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, ne permet pas au citoyen défavorisé de subvenir à ses besoins. Le patron de l’UGTM, proche du parti de l’Istiqlal, qui dirige l’actuelle coalition gouvernementale, appelle l’actuel Exécutif, ainsi que le patronat, à faire preuve de « flexibilité » et prendre des mesures à même de garantir au citoyen un minimum de dignité, face à la flambée des prix. Du côté de la FDT, cette revendication est revue à la baisse. Abderrahmane Azzouzi évoque un plafond de 3000 dirhams. Le patron de la FDT, centrale de l’USFP, est d’accord pour dire que ce montant n’est pas suffisant, devant le renchérissement inquiétant du niveau de vie. Mais il dit bien vouloir comprendre la conjoncture économique et sociale difficile qui prévaut aujourd’hui à l’échelle mondiale, en parlant précisément des «contraintes» auxquelles fait face le gouvernement, lequel a consenti des efforts considérables en augmentant le budget de la Caisse de compensation qui est passé de 13 à 20 milliards de dirhams. « A priori, on sait que vivre avec un salaire de 3000 dirhams est insuffisant. Ce salaire est d’autant plus insuffisant que la moitié du montant suffit à peine à payer les frais du loyer, sans parler évidemment des produits de première nécessité dont les prix ont augmenté de manière considérable », a-t-il expliqué. A l’instar du patron de l’UGTM, M. Azzouzi a invité le patronat à faire montre de « souplesse » pour donner suite à la revendication pressante du relèvement du niveau du SMIG. A ce propos, le secrétaire national de l’UMT, Miloud Moukharek, revendique un SMIG à 2500 dirhams.
Maintenant, question : l’augmentation du SMIG suffira-t-elle à faire face au renchérissement de vie ?
Chez les syndicats, la réponse est négative. C’est pour cela que les dirigeants des principales centrales syndicales mettent en avant la nécessité de procéder à une revalorisation générale des salaires, entre autres revendications.


CGEM veut rouvrir le débat sur le Code du travail


Dans son Livre blanc, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a mis l’accent sur la nécessité de rouvrir le débat sur le Code du travail. « S’il est urgent de clarifier les conditions d’exercice juridique de l’entreprise, en matière d’emploi à terme, c’est notre conception du droit du travail qu’il s’agit de revoir. La complexité d’un Code du travail général entrant dans des détails est source d’innombrables contentieux qui handicapant la création d’emplois », relève-t-on dans ce document que le patronat a remis au Premier ministre au mois de janvier dernier. 
« La rigidité à l’excès finit par freiner les embauches bien plus qu’elle ne protège l’emploi et concourt à mettre l’entreprise en insécurité juridique décourageant ainsi les employeurs à recruter », selon la même source.
Côté smig (Salaire minimum interprofessionnel garanti), la confédération présidée par Moulay Hafid Elalamy se dit prédisposée à une augmentation. Par le menu détail, cette révision de la grille salariale devrait prendre en compte les particularités de chaque secteur et de chaque région. «La question du smig régional est anticonstitutionnelle parce que les citoyens marocains sont tous égaux», tient à préciser Miloudi Moukharik, secrétaire national de l’Union marocaine du travail (UMT)

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