Liaisons dangereuses

La machine sioniste est en marche en Palestine. Invasion des villes palestiniennes, destruction des maisons, tueries des populations civiles… Des images insupportables, révoltantes d’impunité et d’arrogance. C’est la même ambiance de massacres organisées de sang froid et à huis clos par la Haganah (l’armée clandestine juive) dans la foulée de la proclamation de l’État d’Israël en 1948 qui prévaut aujourd’hui.
Ariel Sharon, le criminel de guerre, le boucher de Sabra et Chatila, cherche–t-il, après avoir détruit les symboles de l’autorité palestinienne et assiégé son chef Yasser Arafat, à provoquer comme à l’époque un autre exil forcé des citoyens palestiniens dans les pays voisins, Syrie, Égypte, Liban, Jordanie. Avec tout ce que cela suppose comme risque d’instabilité dans toute la région.
Cette politique de terreur aux allures de génocide, soutenue par Washington, est-elle destinée à accentuer le déracinement d’un peuple, spolié de ses terres, humilié au plus profond de lui-même, qui n’a pas fini de souffrir depuis des décennies ? Déjà, le sort fait aux Palestiniens avant le début de cette offensive meurtrière et avant même l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon, n’était guère enviable. Horrible. Ce que l’on appelle les territoires autonomes, aujourd’hui réoccupés par la soldatesque sioniste, ne sont en fait que des bantoustans, des ghettos où les populations subissent les pires humiliations. Voies de contournement, barrages militaires, contrôles permanents, bouclage régulier des territoires, colonies juives au coeur des terres palestiniennes… Le calvaire au quotidien. Tout est organisé au nom et en fonction de la sécurité des Israéliens, poussée jusqu’à l’obsession au détriment des droits des Palestiniens à la dignité et à la liberté et dont chaque israélien voit des terroristes en puissance. Sans oublier les conditions de vie désastreuses de ces derniers : chômage, pauvreté, désespoir. Avec ce qui se passe aujourd’hui là-bas, cela doit être l’enfer sur terre. Georges Bush a l’air de ne pas connaître la réalité des choses.
Quand le président américain, dans son discours de jeudi 4 avril à la Maison Blanche, distingue «les terroristes qui menacent la sécurité d’Israël et les citoyens qui aspirent à gagner leur vie», cela prête à sourire. En Palestine, tout le monde ne rêve que d’une seule chose : l’indépendance. Une paix juste. Ici, chaque famille, en plus de la précarité de ses conditions, porte le deuil d’un frère, d’un père, d’une soeur ou d’une mère… Personne n’a été épargné par l’injustice israélienne.
Lorsqu’un Palestinien perd un être cher assassiné par l’ennemi, qu’est ce qu’il doit faire, quel est son état d’esprit ? Il est, comme tout être humain, en proie à des sentiments diffus : révolte et désir de vengeance. Quand on n’a plus rien à perdre après avoir tout perdu, quand on doit subir en permanence les foudres d’une armée d’occupation, on devient un résistant. Pas un terroriste. On lutte pour sa survie ou celle de ses concitoyens. Les kamikazes ne sont in fine que l’expression d’un désespoir total qu’Ariel Sharon a contribué à favoriser en lâchant comme une meute de chiens enragée son armée sur des populations sans défense. Celui qui sème la haine ne peut récolter que la haine.
Alors qui se soucie de la sécurité des Palestiniens sous toutes ses formes ? Pas Ariel Sharon, encore moins son allié inconditionnel Georges Bush. L’État d’Israël, produit de l’injustice et du terrorisme, est une greffe qui n’a pas pris, qui ne prendra jamais. Ce sera toujours un État artificiel et paranoïaque tant qu’il croira obtenir la sécurité totale par la force militaire.

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