Malaise croissant des soldats américains

L’opinion publique américaine est en train de changer de position sur la présence de l’armée américaine en Irak. Selon un sondage réalisé la semaine dernière, les Américains sont de moins en moins favorables au maintien des troupes de leur pays en terre irakienne. Ainsi, seulement cinquante-huit pour cent des Américains se déclarent favorables à un maintien des troupes en Irak contre 64 % le mois dernier, selon un sondage du Pew Research Center. Parmi les personnes interrogées, 39 % souhaitent un retour des soldats aux Etats-Unis. Un changement de position qui est essentiellement dû aux grandes pertes en vies humaines que l’armée américaine d’occupation est en train de subir dans le Golfe. En effet, le nombre des soldats tués en Irak ne cesse d’augmenter chaque jour dépassant le cap des cent victimes dès le 17 octobre depuis la fin officielle des hostilités. En plus des 101 soldats tués depuis que le président américain George Bush a proclamé la fin du gros des combats, 97 autres sont morts dans des actes que le Pentagone désigne comme « non hostiles ». Il s’agit des morts enregistrées dans des accidents, des tirs fratricides, des maladies et des suicides. Rappelons qu’au cours de la guerre elle-même, lancée le 20 mars, 115 GIs ont été tués au combat et 23 dans des actes non hostiles ce qui porte le bilan total à 336 soldats américains décédés depuis le début de l’intervention militaire ayant conduit au renversement de Saddam Hussein.S’agissant du nombre des suicides, il a remarquablement augmenté parmi les troupes américaines allant jusqu’à provoquer l’envoi par le département d’Etat américain à la Défense d’une commission d’enquête pour mener des investigations sur les raisons de ce phénomène. Par ailleurs, le phénomène qui préoccupe le plus l’administration américaine est le nombre de plus en plus croissant de désertions des soldats. Ainsi, à l’occasion de chaque permission accordée à des groupes de soldats affectés en Irak, plusieurs d’entre eux préfèrent déserter et ne pas reprendre le service. Mardi dernier, le Pentagone annonçait que seize militaires ne se sont pas présentés à l’aéroport pour le vol-retour vers le golfe Persique. D’ailleurs, depuis le début de l’application du programme de permissions de deux semaines, fin septembre, plusieurs désertions ont été enregistrées. Dès les premiers vols-retours vers le Golfe qui ont commencé le 12 octobre, et rien qu’aux cinq premiers jours, 28 militaires ne se sont pas présentés à l’aéroport. Ces désertions ne sont pas l’unique manifestation de désarroi de la part des soldats américains. Chaque jour, des graffitis sur les murs des base militaires installées en Irak expriment l’envie des militaires de rentrer chez eux. La résistance irakienne de plus en plus organisée a créé un choc parmi les soldats américains par les opérations de guérilla. « C’est simplement frustrant. Ce n’est pas une guerre traditionnelle. On n’a pas d’ennemi identifié. Pas de cible militaire », se désespère un soldat américain.

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