Mohamed Hakech : «Il faut revoir la méthodologie retenue pour le dialogue social»

Mohamed Hakech : «Il faut revoir la méthodologie retenue  pour le dialogue social»

ALM : Comment expliquer le recours pratiquement massif des syndicats aux grèves ?
Mohamed Hakech : La recrudescence des grèves montre bien le malaise qui existe dans différents secteurs. La situation est d’autant plus délicate que les dernières réunions du dialogue social n’ont rien apporté de nouveau. Le gouvernement ne donne pas de visibilité sur les mesures qu’il compte prendre pour améliorer la situation. On se retrouve même en train de demander au gouvernement de tenir ses engagements contenus dans l’accord du 26 avril 2011.

Mais est-ce que vous pensez que la solution passe inévitablement par les grèves ?
Il ne faut pas croire que les syndicats ont recours à la grève juste pour la grève. C’est tout d’abord une forme de protestation contre une injustice ou des inégalités. Aujourd’hui, les fonctionnaires observent des grèves parce qu’il existe quelque chose qui ne va pas. Malgré les menaces du gouvernement de recourir à des retenues sur les salaires des grévistes, les gens participent à toutes les formes de protestation permises pour dénoncer la situation actuelle. On ne peut pas rester les bras croisés en l’absence d’un véritable dialogue social. Le gouvernement tarde toujours à mettre en œuvre l’accord de 2011, se contentant de donner des promesses. Cela risque de saper la relation de confiance qui existe entre les partenaires sociaux.

Pourquoi les dialogues sectoriels n’aboutissent-ils pas ?      
C’est l’une des insuffisances du dialogue social actuel. On donne plus d’importance aux réunions présidées par le chef de gouvernement avec une bonne couverture médiatique. Mais sur le plan du dialogue sectoriel, les réunions ne donnent pas de bons résultats. Il faut que le gouvernement sache que les solutions passent d’abord par les secteurs.
Il est vrai que le dialogue entre les secrétaires généraux des syndicats et le chef de gouvernement est important, mais il ne faut pas négliger le dialogue et les réunions au niveau sectoriel. Il faut donc revoir la méthodologie retenue pour le dialogue social.

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