Mohamed Yatim : «Nos positions ne sont pas influencées par des calculs politiques»

Mohamed Yatim : «Nos positions ne sont pas influencées
par des calculs politiques»

ALM : Quels sont les points importants relevés lors de la récente réunion de l’Exécutif avec les syndicats ? 
Mohamed Yatim : La réunion tenue mercredi 14 mars avec le chef de gouvernement et les centrales syndicales est une rencontre préparatoire du dialogue sociale. Nous avons convenu que les prochains rounds du dialogue reprendront en avril prochain à travers deux commissions, une réservée au secteur public et une deuxième au secteur privé. Nous avons aussi convenu d’instituer une deuxième session du dialogue social  qui doit être programmée chaque septembre. Et ce, avant la présentation de la loi de Finances. Aussi, lors de cette réunion, le gouvernement s’est engagé à mettre en application les accords du dialogue social du 26 avril 2011. Par ailleurs, les ministres des modernisations de la fonction publique et le ministre de l’emploi ont présenté des mesures de la loi de Finances mettant en œuvre les accords sociaux. Aussi nous avons prévu d’élaborer conjointement l’agenda du dialogue social d’avril.

Quelles sont les revendications des centrales syndicales ?
Les revendications des centrales syndicales sont connues, elles se divisent en deux parties. Il y a d’un côté, les revendications morales liées notamment à la consécration des libertés syndicales particulièrement dans le secteur privé. D’un autre côté, il y a des revendications matérielles liées à la croissance économique. Au Maroc, le secteur privé interdit toute activité syndicale, il y a des sociétés où les employés ne sont pas déclarés à la CNSS, et où il n ‘y a aucun respect des heures de travail, les employés ne bénéficient ni  de cartes de travail, ni d’indemnisation  pour les jours fériés etc. Il est aussi question de la révision du cadre juridique de la grève, du statut de la fonction publique, ainsi que du régime de mutuelle. Ce genre de revendications ne nécessitent que de la volonté politique pour leur mise en oeuvre. Il est aussi question de l’amélioration des revenus des fonctionnaires, de la classe ouvrière et de leur pouvoir d’achat ainsi que l’augmentation du salaire minimale de 10% dans le secteur privé, entre autres.

Quelles ont les mesures du dialogue sociale de 2011 qui seront contenues dans la lois de Finances ?
Lors de cette réunion, les ministres ont évoqué  l’augmentation de retraites minimales à plus de 1000 DH, l’augmentation des salaires de 700 DH dans le secteur public, la mise en place de caisse d’indemnité au chômage, entre autres mesures, telle la promotion automatique dans le service public après 4 ans de service dans une même échelle.

Lors du dialogue avec le gouvernement, comment arrivez-vous à allier entre le fait d’être Sectaire générale d’une centrale syndicale et membres du PJD ?
La situation est simple et n’a rien de contradictoire. Il faut savoir que plus de 70% des affiliés à notre syndicat n’ont aucun rapport avec le PJD, ainsi, notre priorité est, avant tout, accordée aux revendications sociales. Notre présentation des faits et des revendications est objective. Notre approche se base sur le dialogue, le dialogue et enfin la lutte syndicale. Nos positions ne sont pas influencées par des calculs politiques. Et cela depuis toujours. Quand le PJD était à l’opposition, nous avons, avant tout, opté pour le dialogue et avons signé les accords  du dialogue social. Aujourd’hui on adopte la même attitude. D’autant plus que le gouvernement a exprimé son entière disposition à répondre aux revendications de la classe ouvrière dans la mesure de ses moyens. Par ailleurs, rien ne nous empêche de prendre les positions syndicales que nous souhaitons lorsque le besoin s’en fait sortir.

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