Par la cooptation de députés, le MP cherche à peser sur la formation du gouvernement

C’est l’unique lecture plausible à l’initiative du Mouvement populaire (MP) de rassembler dans son giron une vingtaine de députés issus d’autres petites formations politiques. Il s’agit du MDS (9), du PED (5) et du PRE (4). C’est mercredi 12 septembre, que ces quatre formations ont annoncé leur «volonté commune de créer un pôle politique pour la coordination de leur action au niveau des deux Chambres du Parlement et l’unification de leurs positions». Une manière de dire qu’elles vont constituer une sorte de groupe commun notamment à la Chambre basse. Le communiqué annonçant la nouvelle alliance indique que ce pôle aspire à être «fort, homogène et en mesure d’apporter sa contribution politique et d’assumer sa responsabilité historique pour la consolidation du processus démocratique et l’édification d’une société moderniste qui soit à la hauteur des aspirations réelles et actuelles du peuple marocain». Tout un programme gouvernemental. Le nouveau pôle politique annonce qu’il compte «contribuer avec efficience à la rationalisation du champ politique national et de participer réellement au processus de décision politique». En deux mots : peser au Parlement et au gouvernement. Le communiqué ajoute d’ailleurs pour conforter cette lecture que cette alliance ambitionne d’œuvrer à «l’unification des visions et des positions au niveau de toutes les institutions et conseils représentatifs» et ce afin d’entreprendre «une action commune dans toutes les étapes électorales et politiques». Il est à signaler que le Mouvement populaire est un parti né de la fusion de trois partis, à savoir le MP, le MNP et l’UD. Une fusion qui avait permis à la nouvelle formation d’avoir 66 députés et de se placer aux côtés du parti de l’Istiqlal en première position en nombre de sièges avec 66 députés. Mais les résultats des élections du 7 septembre n’ont pas été à la hauteur du résultat espéré puisque le parti n’a obtenu que 41 sièges. Pour négocier des portefeuilles ministériels en position de force avec le futur Premier ministre, le MP a usé d’un moyen qui relève plus du calcul politicien que de la démarche démocratique qui veut que les résultats au lendemain du scrutin soient la base de toute négociation. Car, entrer dans une sorte de surenchère sur la base de députés cooptés en période postélectorale ne fera que décrédibiliser tout le processus.

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